Le temps, ça se gère...

Laurent Hoebrechts Publié le - Mis à jour le

Opinions

Le temps, donc, s'accélère. Et dans cette course, gare aux virages, toujours plus délicats à négocier. On ne s'étonnera donc pas de voir se multiplier les copilotes: des coaches spécialisés en la matière ou plus simplement, en librairie, une série de guides pratiques. C'est de bonne guerre: le bien-être est roi, et le tout-psychologisant n'a pas de raison de ne pas s'attaquer à une des sources du «mal».

Pour le temps, comme pour le reste, c'est bien connu, on ne prête qu'aux riches. Bien souvent, l'urgence est un luxe. Les ouvrages en la matière s'adressent donc en priorité aux managers overbookés et autres cadres débordés. Il n'empêche: voici une série de conseils glanés de ci, de là, entre bon sens et évidences. On a testé pour vous...

1. Planifier

Gouverner, c'est prévoir, disait l'autre. Arriver à planifier diminue au moins le stress. Dans son numéro de décembre dernier, le «Journal du Management» insiste: «Pour résister à l'urgence, il faut cultiver le recul. Paradoxalement, il faut donc être lent pour bien gérer le temps, mais aussi savoir prendre de la distance.»

Il convient alors de fixer des objectifs à moyen terme, à découper en étapes à très court terme. Il faut que ces objectifs directs soient très concrets, pour pouvoir être soumis à une évaluation claire. Quitte, du coup, à ce qu'ils soient très limités: «Placer trois gros cailloux dans l'agenda rapporte plus que de mettre vingt-cinq grains de sable», assène en substance Stephen R. Covey, un de ces nombreux coaches en gestion du temps.

Reste la question: agenda électronique ou papier? Psion ou Palm? Tous les goûts sont dans la nature, et certains guides n'hésitent pas à donner leur maître-achat en la matière.

2. Hiérarchiser

La suite logique du premier point. «Si tu veux réussir, limite-toi», affirmait Charles Augustin Sainte-Beuve. Puisqu'il n'est pas possible de tout faire dans la même journée, il s'agit de trier entre l'accessoire et l'incontournable. Question de bon sens, écrivions-nous plus haut. Certains en font tout de même un principe: celui d'Eisenhower. Il s'agit en l'occurrence de classer les taches en A. importantes et urgentes; B. importantes mais non urgentes; C. urgentes mais peu importantes; D. ni importantes ni urgentes. Bonne nouvelle: ce sont ces dernières qu'on pourra facilement déléguer.

3. Savoir dire non

Un art en soi. Les distractions et les tentations sont permanentes: courriels, discussion à la machine à café, coups de téléphone intempestifs... Face aux fameux «voleurs de temps», il convient de rester vigilant et ferme. Pas question non plus de se laisser submerger par les multiples sollicitations.

4. De la di-sci-pli-ne

Gérer son temps, c'est du sérieux. «Pour maîtriser son temps, il faut d'abord se maîtriser soi-même», insiste d'ailleurs un des gourous en la matière, Jean-Louis Servan-Schreiber, dans un entretien au magazine «L'Entreprise». «Ne jamais oublier que, dans une économie marchande, le temps est encore la ressource la moins chère. Mais si vous l'utilisez mal, le rattrapage risque de coûter fort cher.»

De la rigueur, de la discipline. Mais à quel prix? Que fait-on de l'imprévu, de l'invité de dernière minute? Rationaliser, c'est bien, mais est-ce toujours réaliste? Le spécialiste Lothar Seiwert trouve donc une parade: «En général, cela ne se passe jamais comme on le voudrait. Veillez donc à ne planifier qu'une partie seulement de votre temps de travail, environ 60 pc.» Les gestionnaires du temps ont bien réponse à tout...

«Le nouvel art du temps», Jean-Louis Servan-Schreiber, Albin Michel.

«Gérer son temps pour réussir», Lothar Seiwert, Marabout.

«Gérez mieux votre temps», Katie Jones, First Editions.

© La Libre Belgique 2004

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