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Bruxelles brûle-t-il ? Certains quartiers connaissent, en tout cas, un ramadan agité. Le mercredi 26 août, en soirée, la station de métro Aumale, à Anderlecht, a été vandalisée. Des jeunes casseurs ont lancé des projectiles sur les forces de l’ordre, narguées et insultées jusqu’au milieu de la nuit. Le lendemain, le quartier Ribaucourt, à Molenbeek, a été le théâtre d’incidents encore plus violents. Une centaine de voyous ont incendié pneus et voitures, détruit du mobilier urbain avant de dégrader des habitations privées. A Molenbeek, la police, alertée par les pompiers qui étaient la cible des émeutiers, n’est arrivée sur place que 90 minutes après le début des incidents. Pas en nombre suffisant dans un premier temps, les forces de l’ordre ont rameuté des renforts avant d’oser se rendre sur le terrain. Le calme n’est revenu que vers 4h30 du matin : la plupart des casseurs, ramadan oblige, devaient aller se restaurer avant le lever du jour.

Une partie de la gauche joue à l’autruche quand de telles scènes de guérilla urbaine se répètent dans les quartiers chauds. La gauche doctrinaire est mal à l’aise avec la sécurité. Pour protéger le peuple, elle devrait pourtant exiger une répression sans faille des émeutiers. Mais elle ne veut pas apparaître "liberticide". Elle est d’autant plus mal à l’aise, dans le cas présent, que les émeutiers sont, quasiment tous des jeunes d’origine arabo-musulmane. La gauche ne veut pas les "stigmatiser". Elle réagit donc mollement, quand elle ne nie pas carrément qu’il existe un problème spécifique avec ces jeunes, pourrissant la vie de nombreux Bruxellois.

Cinq couacs majeurs empêchent la gauche de répondre efficacement à la chienlit qui s’installe dans certains quartiers.

1.Racisme anti-Blancs. Le sujet est tabou dans les rangs de la gauche bien-pensante. C’est pourtant une réalité : le racisme anti-Blancs est en progression auprès d’une minorité de jeunes d’origine arabo-musulmane. Ce n’est pas un hasard si les voitures et les habitations qui ont été vandalisées, dans le quartier Ribaucourt, appartenaient pour la plupart à des "visages pâles", pour reprendre l’expression du président du Mouvement contre le racisme et l’antisémitisme (MRAX), Radouane Bouhlal. Pas un hasard non plus si, après les incidents, les habitants "blancs" du quartier n’ont accepté de témoigner face à la caméra qu’à visage caché, de peur des représailles. Ce racisme anti-Blancs n’intéresse ni la gauche doctrinaire, ni le MRAX. De ce côté-là, il est de bon ton de dénoncer, de façon un peu trop exclusive, le racisme anti-arabe et une "islamophobie" souvent mise à toutes les sauces et confondue avec la critique - on ne peut plus légitime - de la religion musulmane. Pour résoudre un problème, il faut d’abord le cerner correctement, ce que la gauche ne fait pas. Elle sous-estime la radicalisation raciste de certains casseurs, cultivant la haine de tout ce qui n’est pas musulman.

2.Idéologie victimaire. C’est la grande erreur de la gauche angélique. Elle s’obstine à tenir un discours manichéen, déconnecté des réalités. Pour elle, les "immigrés" sont nécessairement des victimes et ceux qui dénoncent les dérapages de certains d’entre eux, des "xénophobes". Selon ce schéma, même si leurs actes sont condamnables, il faut quelque part "comprendre" les jeunes qui "se révoltent". Cette idéologie victimaire est aussi véhiculée par certains défenseurs de l’islam rigoriste et leurs compagnons de route, qui voient des "islamophobes" partout. Cette idéologie victimaire est perverse. Elle développe une véritable culture de l’excuse. Lorsque les petits caïds sont d’origine arabo-musulmane, il ne faut pas les stigmatiser. Lorsque d’autres petits caïds sont des skinheads sympathisants du Vlaams Belang, on peut les traiter de fachos. Ce "deux poids, deux mesures" est évidemmet aberrant. L’extrême droite musulmane ne doit pas être mieux traitée que l’extrême droite "belgo-belge".

3.Zones de non-droit. Les émeutes des derniers jours ont rappelé qu’il existe, à Bruxelles, des quartiers où les policiers ne s’aventurent plus - quand il y arrivent ! - que sur la pointe des pieds. Dans ces territoires, quelques centaines de jeunes font la loi. Ils font surtout régner la peur. S’y aventurer à la tombée du jour relève du challenge. Leurs cibles ne sont pas seulement les "visages pâles", mais aussi les jeunes filles d’origine arabo-musulmane ne portant pas le voile, harcelées et abreuvées d’injures sexistes. Certes, il n’y a pas eu, à ce jour, à Bruxelles, de grandes flambées de violence comme dans les banlieues françaises. Mais à quel prix ! Au prix du renoncement : l’autorité publique ferme pudiquement les yeux sur le business - marché de la drogue, petits trafics en tous genres, traite des êtres humains - qui prospère dans certaines zones de non-droit.

4.Agitation islamo-gauchiste. Une partie de la gauche refuse aussi de voir le travail de sape mené, dans certains quartiers immigrés, par de petits groupes islamo-gauchistes. A Bruxelles, ils sont hyperactifs. Ils poussent les jeunes à se radicaliser. Ce sont eux, notamment, qui font la publicité de l’humoriste Dieudonné - flirtant constamment avec le racisme anti-juif - chaque fois qu’il donne un spectacle à Bruxelles. Ce n’est pas un hasard si, lors de ses trois derniers spectacles bruxellois, le public de Dieudonné était très majoritairement composé de jeunes d’origine maghrébine. Les militants du mouvement islamo-gauchiste Egalité (1% lors du récent scrutin régional) ne sont pas très nombreux, mais ils sillonnent inlassablement les marchés et les quartiers, avec toujours le même message anti-occidental et anti-israélien primaire. L’un des plus radicaux d’entre eux, Nordine Saïdi - tête de liste d’Egalité - est même administrateur du MRAX, ce qui soulève la question de la crédibilité de ce mouvement.

5.Le silence des élus d’origine arabo-musulmane. A Bruxelles, ils sont présents en grand nombre dans les partis de l’Olivier. Lorsque des émeutes se produisent, leur silence est assourdissant. Ils ne jouent pas - ou mal - leur rôle de relais avec les quartiers, où souvent ils sont nés et ont grandi. A quand une Fadela Amara bruxelloise qui osera tenir un discours ferme face aux trublions ? La vraie gauche ne peut être que sécuritaire, dans le bon sens du terme. Elle doit protéger le peuple contre ce que l’ancien ministre socialiste français de l’Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, appelait les "sauvageons". Elle doit aussi agir en amont. Cela implique de réduire l’exclusion sociale et de lutter contre toutes les discriminations. Mais aussi de combattre les musulmans extrémistes qui radicalisent les jeunes en les dressant contre nos valeurs laïques et l’Occident en général.