Opinions AVOCAT

L'intensification du conflit au Moyen-Orient entraîne, dans le monde et particulièrement en Europe, la résurgence du délire tiers-mondiste basé sur une lecture simpliste et confuse des événements. Les faits sont malheureusement têtus et complexes. Certaines idées complaisamment diffusées en Europe ne résistent pas à l'analyse sérieuse.

Israël n'a pas droit à l'erreur

Israël s'étend, dans ses frontières de 1967 sur 20.000 km² et, territoires de Judée-Samarie et de Gaza inclus, sur 27.000 km², soit moins que la petite Belgique avec ses 30.000 km2. Israël compte aujourd'hui 4,5 millions de citoyens juifs (ainsi qu'1,5 millions de citoyens arabes !) et est cerné d'une vingtaine d'états arabes 200 fois plus vastes que lui et 50 fois plus peuplés, sans compter la richesse et la puissance du pétrole arabe. Israël est dos à la Mer. Tel est le rapport de force.

Le jour même de sa création en 1948 et, fait unique dans l'histoire des Nations Unies, Israël est attaqué par ses voisins. Il est de nouveau agressé en 1967 et en 1973. Israël subira encore, en 1991, le bombardement meurtrier de 39 missiles "Scud" irakiens, alors que les occidentaux défendent en réalité l'approvisionnement pétrolier du monde libre. Ces attaques contre Israël risquent de se reproduire lorsque américains et britanniques se lanceront à l'assaut de Saddam Hussein.

Aujourd'hui, Israël est constamment menacé par la Syrie ainsi que l'Irak et l'Iran qui prônent ouvertement la destruction d'Israël. Il est clair que ces pays deviennent graduellement une menace potentielle sérieuse pour l'Europe également car ils tentent de se doter d'armes de destructions massives (chimiques, bactériologiques, nucléaires,…).

D'un point de vue stratégique, et vu la proximité et le nombre de ses ennemis déclarés, Israël n'a donc aucun droit à l'erreur. Néanmoins, Israël n'a jamais demandé ni à l'Europe ni aux Etats Unis d'assurer sa sécurité. C'est pourquoi, Israël ne peut se permettre la présence d'un état palestinien à ses portes, si celui-ci sert de base avancée à de futures attaques arabes. Or, Arafat ne cache pas ses intentions belliqueuses et n'offre donc aucune garantie pour une paix durable.

Oslo

1991. l'OLP, qui a soutenu Saddam Hussein lors de la guerre du golfe, est isolée et décrédibilisée. Sous la pression des occidentaux, le gouvernement de Rabbin accepte de se rapprocher d'Arafat, de le laisser rentrer dans les territoires, afin de mettre en œuvre un processus de paix graduel, dont le préalable est une renonciation définitive au terrorisme.

Le processus d'Oslo commence. Certaines questions difficiles telles que les réfugiés, le statut de Jérusalem, les implantations, sont délibérément reportées pour les négociations d'un statut final. Tout le monde comprend qu'il s'agit d'un processus graduel de rapprochement, d'apaisement, de meilleure compréhension et d'appréciation de nature à instaurer un nouveau climat de bon voisinage et de confiance mutuelle.

Les Israéliens s'engagent fermement dans ce processus et la société civile s'enthousiasme. Des entreprises mixtes sont crées ainsi que des zones industrielles transfrontalières. Des projets industriels et touristiques voient le jour. Pour la plupart des initiatives israéliennes.

Pourtant, de 1993 à 2000, nonobstant cette bonne volonté d'Israël, des attentats meurtriers feront 256 morts, côté israélien. Malgré tout, Israël se retire des territoires où vivent 95 % des arabes de Palestine, transférant l'autorité militaire et civile à Arafat et ses effectifs paramilitaires.

En juillet 2000, lorsque s'ouvrent les négociations "finales", les Arabes peuvent aller et venir librement dans ces territoires. En outre, plus de 100.000 d'entre eux travaillent en Israël et participent aux nombreuses structures de coopération régionales mises en place sur l'initiative d'Israël et de la Communauté internationale. Pas de blocus de villes autonomes et pas de présence militaire. Celle-ci est réduite au strict nécessaire aux frontières et aux points névralgiques, afin d'assurer la sécurité d'Israël.

Comme prévu, tout est loin d'être réglé, mais l'avenir demeure prometteur.

Arafat n'est pas Mandela, un terroriste n'est pas un résistant

Arafat s'installe à Gaza et en Judée-Samarie. On s'attend à une activité fiévreuse : enfin, il va passer à la réalisation du rêve de la population palestinienne, construire le pays. Au début, il aurait pu développer une infrastructure, construire des écoles et des hôpitaux, de nouvelles routes, des maisons, des égouts, des usines, bref établir les fondations de l'économie et du social d'un régime démocratique, soucieux des intérêts de son peuple et à même de consolider la coexistence pacifique avec Israël.

Il dispose pour cela d'une large aide financière internationale et du soutien d'Israël qui souhaite ardemment le voisinage d'une Palestine prospère et en développement. C'est le meilleur gage de paix.

Au contraire, terrible désillusion. Arafat établit un régime corrompu et autocratique où les droits de l'Homme sont bafoués et où une caste de privilégiés (les "tunisiens", c'est à dire les responsables de l'OLP revenus de Tunis) vivent dans un luxe provocateur.

Selon des rapports de la CIA et des services secrets britanniques, la fortune de l'OLP, dont Arafat et sa femme ont le contrôle direct, s'élève entre 10 et 15 milliards de dollars soit entre quatre cent et six cents milliards de Fb. Argent issu du racket, du trafic d'armes et de drogues, du détournement des fonds contribués par l'Union européenne, les USA et d'autres pays arabes. Pauvres palestiniens dont les chefs sont des multimilliardaires.

En réalité, Arafat n'a jamais renoncé à son vieux rêve de détruire Israël. En 1994, à la mosquée de Johannesburg, il prononce un discours en arabe précisant que la reconquête de Gaza et de la rive Ouest du Jourdain n'est qu'une première étape avant la reconquête totale par les arabes et la destruction d'Israël. Ce discours est régulièrement répété depuis lors …en arabe. Déjà le double langage. Mais, il faut croire Arafat quand il parle en arabe car il parle à son peuple.

Les médias arabes locaux prônent ouvertement la destruction d'Israël. Ils sont tous contrôlés par l'autorité palestinienne prétendument partenaire de paix d'Israël. Ils dénient quotidiennement le droit à l'existence de leur voisin, tout comme les manuels scolaires. Un antisémitisme virulent, qui va vite culminer dans les appels au meurtre, est quotidiennement diffusé sur les ondes (en ce compris dans des émissions pour enfants !). Le processus de conditionnement des "martyrs" est enclenché.

Camp David - l'instant de vérité

En juillet 2000 à Camp David et en janvier 2001 à Taba, le gouvernement Barak proposera à Arafat de satisfaire l'ensemble de ses revendications "officielles" : un état palestinien avec pour capitale Jerusalem-est et ce, en vue de sceller une paix définitive entre le peuple juif et le peuple arabe.

Clinton, au nom des USA, offre des garanties et un support financier inimaginable (plusieurs milliards de dollars). Arafat refuse, exigeant le retour de 4 millions de descendants de réfugiés, non dans son futur état mais … en Israël et niant tout lien entre le peuple juif et Jérusalem, pourtant capitale politique puis spirituelle du peuple juif depuis 3.000 ans.

Clinton confirmera publiquement que c'est sur Arafat que repose l'entière responsabilité de l'échec de Camp David.

Les réfugiés : une arme politique

Régulièrement, les camps de réfugiés arabes de Gaza, de Beyrouth, … sont soumis à notre commisération. Pourtant, les faits sont autres. 400.000 à 500.000 arabes quittèrent Israël lors du déclenchement des hostilités en 1948, généralement à l'invitation des Etats agresseurs convaincus de la destruction immédiate de l'"entité sioniste". Mais au même moment 800.000 juifs durent quitter précipitamment les pays arabes où ils résidaient souvent depuis plus de deux mille ans, soit bien avant l'arrivée de l'islam. Fuite éperdue, abandonnant maison, atelier, commerce, meubles, et souvenirs. En fait, c'est donc un véritable échange de population qui se produisit entre le monde arabe et Israël.

Les réfugiés juifs qui arrivèrent en Israël, vécurent un temps dans des tentes, dans l'inconfort et la pauvreté. Mais, ils furent accueillis et intégrés avec courage et détermination, et ce sans assistance de l'ONU.

Les pays arabes, au contraire, maintinrent "leurs frères" dans des camps misérables, refusant carrément de les intégrer alors qu'ils partagent la même langue, la même culture et la même religion.Jusqu'à aujourd'hui, ces malheureux réfugiés sont cyniquement utilisés comme "arme" médiatique et politique en vue d'apitoyer une opinion mondiale peu informée du contexte historique. Et cela marche : il suffit de voir nos hommes politiques ou nos intellectuels visiter ces camps et y dénoncer la misère qu'ils imputent à Israël. Ils ne discernent pas ou ne veulent pas discerner la manipulation mise en œuvre par le monde arabe pour masquer sa responsabilité accablante dans cette situation. Cela montre aussi les limites de la solidarité arabe et du sens de la charité islamique tant chantée par les partisans d'Arafat.

Jérusalem

Jérusalem a été la capitale du roi David et du roi Salomon et fut capitale du peuple juif pendant près de 1.000 ans. Depuis 3.000 ans, Jérusalem est le centre religieux du peuple juif. Jérusalem est mentionnée 700 fois dans la Bible et pas une seule fois dans le Coran. A aucun moment dans l'histoire tumultueuse de cette cité, Jérusalem n'a été capitale d'un quelconque état arabe ou musulman.

Entre 1948 et 1967, les Jordaniens occupèrent la vieille ville et y détruisirent systématiquement les synagogues, utilisant les pierres tombales juives pour les urinoirs. Depuis 1967, date de la reconquête de la vieille ville par Israël, l'ensemble des religions monothéistes peuvent y exercer librement leur culte, qu'il soit chrétien, musulman ou juif. Les populations coexistent pacifiquement et rien ne justifie qu'elle soit divisée politiquement, à l'instar de Berlin et du mur de la honte qui le traversait.

D'ailleurs, un sondage récent, hélas vite occulté par les Arabes et "omis" par les médias européens, le confirme : 80 % des habitants arabes de Jérusalem-est souhaitent rester sous souveraineté israélienne, n'ayant rien à gagner sous la dictature d'Arafat !

Intifada Al Aksa

En août 2000, après son refus à Camp David, le crédit international d'Arafat est donc au plus bas auprès des chancelleries occidentales. Que va-t-il faire ? Ressortir tout simplement les vieilles recettes et relancer le terrorisme, susciter une contre-offensive israélienne qui fait alors appel à un vieux général et présenter, à nouveau, les Arabes comme les éternelles victimes.

Pour mémoire, dans les années '70, Arafat est l'inventeur du terrorisme moderne. Il est formé à l'école de la propagande, du mensonge et de la désinformation par Moscou et il s'inspire largement des techniques et procédés nazis, ne l'oublions pas. Le temps n'est d'ailleurs pas si éloigné où il donnait encore lui-même l'ordre de tuer des otages, tels les diplomates belge et américains assassinés à Khartoum en 1973.

Dès septembre 2000, il donne donc instructions à ses troupes paramilitaires (Fatah, Tanzims) - dont il paie le salaire - de se préparer à attaquer les Israéliens, avec lesquelles pourtant les forces palestiniennes effectuent des patrouilles conjointes. Il relâche en même temps les terroristes du Hamas et du Djihad islamique, afin de compléter sa palette de moyens tactiques.

Un prétexte sera choisi pour lancer les hostilités : la visite d'Ariel Sharon sur le Mont du Temple, lieu le plus saint du peuple juif, également Esplanade des Mosquées. La visite est pourtant dûment "autorisée" par les autorités religieuses musulmanes (le WAQF) en charge des lieux saints musulmans.

Certaines bonnes âmes européennes soutiennent complaisamment qu'il y aurait une équivalence morale entre la violence palestinienne et les actions militaires israéliennes.

La très grande majorité des morts palestiniens sont des individus tués dans le cadre d'opérations terroristes, qu'ils mènent contre Israël et sa population. Les victimes civiles, prises dans la ligne de feu, n'ont jamais été visées intentionnellement.

Inversement, la plupart des victimes israéliennes sont civiles, non combattantes, prises délibérément comme cibles. La violence arabe est génocidaire, visant à tuer pour tuer un maximum de juifs, comme la tuerie de Pâques à Netanya de mercredi soir, avec ses 21 morts et 130 blessés, dont 20 très graves, ou de Haifa ce week-end avec ses 14 morts vient nous le rappeler cruellement.

En violation de toutes les coutumes du monde civilisé, chez les Palestiniens, les ambulances du Croissant Rouge servent même à transporter les terroristes et leurs explosifs, charge de mort dans des véhicules destinés à sauver. Quelle dérision de l'humanité !

Aujourd'hui, plus que jamais au moment de la mondialisation, on ne peut pas se laisser enfermer dans des assertions mensongères. Contrairement à ce qui est affirmé régulièrement par ignorance de l'histoire, le terrorisme contre Israël n'est pas le résultat de sa présence à Gaza et en Judée-Samarie. En effet, entre 1951 et 1955, Israël était minuscule, la Judée Samarie était occupée par la Jordanie et Gaza par l'Egypte. Il n'y avait donc aucun territoire "occupé", et pourtant 922 israéliens ont été assassinés dans des attaques terroristes arabes.

La terreur arabo-islamiste a pour seul objectif de terroriser. Le programme du Hamas, du Djihad ou du Hezbollah c'est la destruction d'Israël et des juifs et rien d'autre. Pour l'instant. Car la puissance meurtrière des armements de destruction massive recherchée par les Etats arabes terroristes vise une domination qui s'exercerait nettement plus loin qu'au Proche Orient. L'Europe est déjà à portée des fusées actuelles. C'est pourquoi, le terrorisme doit être combattu en tant que tel et éradiqué par la force et sans concession comme le font les Américains avec Al Quaïda.

Peuple palestinien et christologie

Certains arabes vont aujourd'hui jusqu'à soutenir que Jésus était palestinien. Risible ? Non ! Dangereux car ce type d'élucubration trouve un écho étrange dans l'inconscient collectif de certains chrétiens progressistes. Le progrès vers quoi ou vers qui ?

Par le passé, dans le cadre d'un antisémitisme chrétien révolu, le peuple juif a été longtemps accusé d'être le "peuple déicide". Accusation qui a entraîné les persécutions que l'on sait et qui ont culminé dans la Shoah. Ces accusations, qu'on croyait enterrées par Vatican II, resurgissent sous une forme renouvelée. Le peuple palestinien est un Christ souffrant et persécuté. Un caricaturiste d'un journal français de gauche représentait récemment Arafat crucifié par les Israéliens. Plus proche de nous, un appel (caricatural tellement il est biaisé) de divers mouvements chrétiens, paru dans ce journal voici quelques jours, verse à nouveau dans ce type de dérive, niant, d'un point de vue théologique la spécificité du peuple d'Israël (soit) et liant expressément le "Samedi saint" (et donc la mise au tombeau de Jésus) avec la "Fête nationale du peuple palestinien". Délire ? Non ! Propagande, donc discours dépourvu de dimension éthique. Le vieux tiers mondisme visant à culpabiliser les hommes blancs est de retour. Une gangrène pernicieuse qui demande des efforts de vérité.

Faut-il rappeler que Jean Paul II accorde une attention particulière aux Juifs, les Frères aînés de l'Eglise. La Bible, dont le peuple juif est le dépositaire, est également le fondement de l'enseignement chrétien. Elle est explicite. Dieu dit à Abraham : " Lève les yeux, promène tes regards, au Nord, au Midi, à l'Orient, à l'Occident. Eh bien, tout le pays que tu aperçois, je le donnerai à toi et à ta postérité (Genèse, 13, 14 à 17), promesse renouvelée à Moïse, juste avant sa mort, dans le dernier chapitre du Pentateuque (Deutéronome, 34, 4).

D'autre part, à ceux qui, au nom d'une critique tiers mondiste unilatérale d'Israël, sont prêts à lui faire courir des risques insensés pour sa sécurité et sa survie, je renvoie aux réflexions récentes de M Colombani, rédacteur en chef du Monde : si Israël devait disparaître, emporté par l'hostilité arabo-musulmane, c'en serait rapidement fini de l'Europe - moralement mais aussi physiquement - car elle ne tarderait pas à être à son tour emportée par la barbarie contre laquelle l'Etat juif est notre rempart vigilant. Un avertissement qui devrait retentir à nos oreilles anesthésiées par la très riche propagande arabe.

Je n'ai aucune prétention à proposer une solution pour la paix dans cette partie du monde mais je suis convaincu qu'elle ne pourra s'établir sur le mensonge permanent et sans d'abord rétablir la vérité des faits.