Opinions

David Mendez est co-président de l’AGL (Assemblée générale des étudiants de Louvain)

Pourquoi les fêtes estudiantines paraissent-elles indispensables dans la vie universitaire ?

C’est important pour l’étudiant, surtout si c’est eux-mêmes qui organisent l’événement. Dans le cas d’une entreprise privée, c’est autre chose. Chez nous, par exemple, l’animation est très variée. Il y a les fêtes qui sont les plus médiatisées, celles des cercles et des régionales, mais il n’y a pas que cela. Il y a aussi les kots à projets, les activités musicales, culturelles Globalement, la fête étudiante est une bonne chose, mais il faut diversifier un peu, ne pas se concentrer uniquement sur les guindailles.

Les débordements auxquels on assiste parfois sont-ils inévitables ?

Au plus il y a d’étudiants impliqués, au moins il y a de débordements. Depuis quelques années, on a commencé à responsabiliser les organisateurs d’animations. Plus on passe du temps à décrire qui fait quoi, avec une personne référente par soirée, plus cela permet aux étudiants qui organisent les fêtes de connaître leur terrain. Le phénomène qui est le plus difficile à gérer est la présence de gens extérieurs à l’université. Ils profitent de l’endroit, qui est assez attractif parce qu’il y a plein de jeunes, parce que les fêtes se terminent très tard, mais certains sont mal intentionnés.

Si on prend l’exemple des baptêmes, certains sont très critiques à l’égard des excès qui s’y commettent…

Il y a moyen d’arriver à un baptême qui soit plus une intégration réelle. Il faut penser à une réforme qui pourrait être bénéfique pour tous, et revoir la communication. C’est vu de l’extérieur de manière très négative mais de l’intérieur, il faut savoir qu’il y a beaucoup de gens qui sont ravis de passer par le baptême.

Un autre reproche que l’on fait aux fêtes estudiantines, c’est de prendre beaucoup de temps dans le cursus d’une année universitaire.

Il faudrait faire une étude sur le taux de réussite des étudiants qui participent beaucoup aux fêtes et des autres. Ce qu’on oublie parfois, c’est que l’ensemble des animations sont un facteur fort d’intégration. Cela permet aux gens d’être beaucoup plus solidaires, par exemple au moment des examens. Les gens se conseillent et s’entraident, ce qu’ils ne feraient pas s’ils ne se connaissaient pas. Le premier gage de réussite pour un étudiant, c’est d’être bien entouré.

Généralement, n’y a-t-il pas un gros problème d’alcool ?

Il y a un vrai problème d’alcool en général dans la société, peut-être en raison d’une perte de sens. Oui, les jeunes boivent beaucoup. L’alcool permet de se socialiser. L’alcool doit permettre de passer un bon moment, mais ne peut pas être une fin en soi. Le moyen de s’opposer à ce phénomène est de proposer d’autres moyens de s’intégrer. En effet, la meilleure manière de s’intégrer dans une université est d’avoir des activités à côté des études proprement dites. Il faut donc créer d’autres espaces où l’alcool n’est pas le principal centre d’intérêt. Pour avoir étudié un peu à l’étranger et dans d’autres universités, je peux dire que c’est généralisé. Aux Etats-Unis, par exemple, beaucoup d’étudiants consomment énormément d’alcool.