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Toute association humaine implique l’existence de lois et de règles. Elles ont pour fonction majeure de régir les rapports et relations entre individus, servent de repères à quiconque concerné par l’association. Elles assurent la cohésion du groupe, la sécurité de chacun et donc son bon fonctionnement dans une certaine harmonie de vie. Il en va de même dans la vie de couple et de famille même si ces lois et règles sont souvent, et peut-être même trop souvent, implicites, non clairement définies, sous-entendues ou allant de soi.

Pourtant les enfants pour grandir et mûrir au mieux ont un besoin vital de connaître les lois et règles qui sont propres à leurs parents et leur milieu social. Il est donc impératif de les définir le plus clairement possible, d’en répéter l’énoncé à maintes reprises, de les expliciter. Lois et règles impliquent des interdits qui doivent tous porter sens. Sans sens, ils deviennent absurdes et seront bafoués à la moindre occasion.

Le sens des lois et règles n’apparaît jamais d’évidence aux yeux des enfants. Il est donc capital d’en développer à tout âge et selon la maturité de l’enfant le contenu et le fondement (sécurité; respect de l’autre; santé; esthétique; etc). L’enfant se confrontera à ses lois et règles, certains plus que d’autres. Ce besoin de s’y confronter leur sert à ressentir le bien-fondé et donc la signification mais aussi à se construire une personnalité, une identité.

Un enfant qui s’y soumet sans entorses, qui ne pose jamais de question à leur propos (leurs fameux pourquoi), risque de développer une personnalité plutôt effacée, sujet à se laisser dominer, à flirter avec la dépression. Par contre, un enfant qui les contourne et ne les respecte pas trop souvent, voire en permanence, développera une personnalité marginale, inadaptée et, au pire, délictueuse. L’idéal, comme toujours, se situe dans un juste "milieu" qui sera toujours difficile et même impossible à définir avec précision.

Trop de parents de nos jours n’osent plus "imposer" leurs lois et règles, leurs interdits. Temps du laxisme, des démissions devant leurs missions et responsabilités. Une telle attitude leur évite les confrontations jamais drôles, souvent pénibles avec leur enfant, mais ampute celui-ci de repères de vie, de normes, de morale et l’oblige à errer dans un monde de plus en plus violent, de moins en moins solidaire dans une solitude de manque. Pire, à défaut de se confronter aux interdits de ses parents, il risque de devenir un enfant-roi, un capricieux à qui tout est dû dans l’immédiat de son désir. À coup sûr, il se référera à la société de consommation, aux possessions de bien matériels et s’égarera dans le no-man’s-land du vide affectif et relationnel.

Lois et règles ne sont pas de même nature, de même que leurs interdits. Les lois sont les principes incontournables, celles qui n’acceptent aucune exception. Exemple : ne jamais prendre de l’argent dans le sac de maman ou des affaires de la fratrie et amis (vol). Quand un enfant enfreint une loi, la sanction doit être incontournable et cela dans tous les cas de délits. Les règles sont moins sévères et peuvent supporter des exceptions et des négociations. Exemple de règle : l’heure du coucher peut supporter des souplesses si un petit copain vient loger à la maison ou pour une autre raison qui sort de l’ordinaire. Les dérogations aux règles doivent de préférence être discutées et explicitées à l’enfant. Une désobéissance à la règle implique une punition ou du moins une remarque ou remontrance pour autant qu’elle ne soit pas trop répétitive.

Travail qui peut sembler parfois fastidieux, pénible, fatigant mais indispensable pour l’épanouissement de l’enfant. Ce devoir éducatif n’empêche nullement d’aimer son enfant dans une profonde tendresse.