Opinions
Une opinion de Didier Vanderbiest, vétérinaire à Bure.

Le choix de manger ou non de la viande revient à chaque individu. Pas question d’imposer un mode alimentaire.

L’actuelle campagne "40 jours sans viande" témoigne d’un clivage important entre les mangeurs de viande et les anti-mangeurs de viande. Nous assistons à un choc culturel alimenté par certains arguments louables comme le bien-être animal, mais aussi par d’autres relevant davantage de l’escroquerie intellectuelle. Parmi ces derniers arguments, il y a l’impact sur le climat des émissions de méthane par les ruminants d’élevage. C’est "le" cheval de bataille des groupes radicaux environnementalistes (vegans et végétaliens notamment). Il sert à toucher un maximum d’individus, mais surtout le monde politique et la presse. Mais peut-on imaginer un monde sans bovin ? C’est totalement surréaliste. La quantité de méthane produite par la race bovine ne justifie en rien la stigmatisation de l’élevage.

Lorsqu’on lit les réseaux sociaux, là où les gens expriment le mieux leurs sentiments, on se rend compte que consommer de la viande ou non est un élément important dans leur vie. C’est un sujet certainement aussi sensible que celui qui a récemment secoué certains administrateurs d’intercommunales.

Personnellement, étant très attaché aux libertés individuelles, dont celle de manger ou non de la viande, imaginer qu’un jour, peut-être, la loi limiterait voire interdirait sa consommation me stresse énormément. Certains n’imaginent absolument pas qu’un jour cela puisse arriver et me prennent pour un fou quand je relate mon inquiétude, surtout sur un plateau de télévision. J’ai pu m’en rendre compte lors de ma prestation périlleuse à l’émission "Pour ou Contre" de RTL. 


Pourquoi fais-je cette démarche ? Pourquoi prends-je la parole ?

Alors que selon moi, la société doit évoluer en fonction des choix individuels des personnes qui la constituent, nous sommes de plus en plus confrontés à des décisions politiques constructivistes. Qu’est-ce que le constructivisme ? C’est le fait de prendre toute une série de décisions politiques afin que la société évolue vers ce qu’on veut qu’elle devienne. Exactement l’inverse de mon idéal, qui minimise au maximum les choix politiques qui interfèrent avec la vie des gens.

Revenons-en à la liberté de manger ou non de la viande. Ce choix appartient à chaque individu. Je ne ressens absolument aucune envie d’imposer mon choix et je ne peux supporter qu’un jour un groupe d’individus, via la loi, m’impose son mode alimentaire.

Lorsqu’on parle avec les gens dans les groupes radicaux anti-viande, on comprend que leur objectif est d’influencer le comportement des gens via des décisions politiques - les intentions de la ministre Marie-Martine Schyns d’inclure le végétarisme dans le nouveau cahier des charges pour les repas scolaires ne sont sans doute que le prélude à une loi pour interdire la viande au moins un jour par semaine. Comme expliqué, cela m’est totalement insupportable.

Actuellement, dans quelle situation nous trouvons-nous ? Pour le savoir, il est utile de bien comprendre le pouvoir des structures radicales anti-viande et leur instrumentalisation, ainsi que leur impact sur les pouvoirs politiques (et là je vise particulièrement les pouvoirs wallons) et la presse. Comme l’a dénoncé, dimanche midi, M. Delogne de la Fugea, sur la RTBF, le père de l’initiatrice des "40 jours sans viande" est un riche industriel flamand qui trouverait avantage à remplacer la viande par le soja.

Les réseaux sociaux sont également un élément très important pour comprendre l’ampleur du phénomène.

Comme l’a dit Montesquieu, "une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi mais elle doit être loi parce qu’elle est juste".

J’adapterais également une citation de Thomas Jefferson qui a déclaré, à la fin du XIIIe siècle : "L’arbre des Libertés se régénère dans le sang des tyrans et des patriotes" en : "L’arbre des Libertés se régénère dans le sang des anti-mangeurs de viande et des mangeurs de viande."

J’espère évidemment ne jamais connaître cela.