Opinions

Nous évoquions l'autre semaine l'apport important, sinon même essentiel, de la population immigrée dans le calcul de natalité des nations européennes, qui connaîtraient, sinon, une `taux de fécondité´ largement en dessous de zéro. Les démographes tirent la sonnette d'alarme : le pourcentage de natalité n'atteint pas celui du renouvellement des générations et la `pyramide´ des âges fait que l'on rencontrera très bientôt autant de retraités que d'actifs.

Importance de l'immigration et `sauvetage´ par celle-ci? Le dernier relevé effectué par l'Institut national de statistiques (INS) confirme la tendance. Et la complète même d'une considération complémentaire : le nombre d'étrangers diminue dans notre pays... mais c'est grâce à un glissement vers le statut de `nouveau Belge´ issu de la naturalisation. Au 1er janvier 2002, on enregistrait officiellement 846734 étrangers résidant en Belgique, contre 903120 quatre ans plus tôt, en 1998; soit 56386 de moins... Mais le nombre de Belges a augmenté... grâce uniquement aux naturalisations (61980 en 2001, 62982 en 2002). En raison, bien sûr, des dispositions plus souples de la nouvelle législation de 2000 sur les naturalisations et aux mesures prises en matière de procédure de demandes d'asile et de nationalité.

Le phénomène a bien sûr son importance et ses incidences politiques. Bruxelles compte, toujours selon le nouveau relevé de l'INS, 26 % de population étrangère, la Wallonie 9,27 % et la Flandre 4,6 %. Des chiffres qui illustrent si besoin était la vocation multiculturelle et internationale nouvelle de la Région-Capitale, d'autant que cette statistique n'inclut évidemment pas les `nouveaux Belges´ qui s'étendent désormais sur plusieurs générations. En même temps, dans certaines communes bruxelloises, les écoles et les associations sociales, sportives ou culturelles accueillent des jeunes essentiellement d'origine arabo-musulmane. Et le débat sur l'intégration comprend désormais plusieurs volets: insertion sociale, action communautaire de quartier, place des minorités ethno-culturelles,...

C'est, au-delà des péripéties et des agaceries, un débat national essentiel qu'exige cette évolution statistique et démographique. On doit y parler accueil comme ghettos, droits comme devoirs des nouveaux venus, assimilation comme identité, port du foulard comme mixité, intégration comme bon vouloir. Sans haine et sans crainte, sans tabous et sans préventions. C'est loin d'être toujours présentement le cas.

© La Libre Belgique 2002