Opinions

Un témoignage de Marie B., 33 ans, maman et auteure du blog "Le jour où" (*).

"Maman, quand est-ce que je reverrai la psychologue ? J’aime bien voir la psychologue. Elle me fait faire des activités que j’aime bien, comme, par exemple, regarder deux images et les retrouver dans un dessin. Après, elle me pose des questions. C’est un peu difficile, mais elle dit que si je ne sais pas ce n’est pas grave. Par exemple, elle m’a demandé ce que c’était un chien. J’ai dit 'Je sais pas'".

Prise par mes activités d’évolution professionnelle, j’avais presque oublié cette démarche. Robin s’ennuie à l’école et ne veut plus y aller. Il est en moyenne section ; c’est dommage d’en arriver là, à 4 ans et demi, l’âge qu’il avait lorsqu’il nous a dit ça pour la première fois.

Dans un monde idéal, les classes ne comptent pas 28 élèves

J’en ai parlé à sa maîtresse, qui en parlé à la directrice, qui m’a demandé d’appeler la psychologue scolaire, qui m’a reçu avec Robin et qui a souhaité lui faire passer des tests pour proposer d’éventuelles solutions pour la suite. Dans le système scolaire actuel, la seule solution proposée est le saut de classe (qui porte maintenant un nom plus savant, pour "enrober" la chose). Mais je ne veux pas que Robin soit catapulté dans un niveau plus élevé s’il n’est pas prêt, s’il n’a pas la maturité, ou encore, s’il n’en a pas envie. Dans un monde idéal, j’aimerais que sa maîtresse lui fasse faire des activités adaptées à ses demandes ; par exemple, il voudrait apprendre à mieux former ses lettres en attaché, ou lire de manière plus fluide. Mais ce n’est pas au programme. Pourtant, c’est ce qui lui plaît, c’est là qu’il en est. Mais, dans un monde idéal, les classes ne comptent pas 28 élèves et la maîtresse a plus de temps et de moyens. Alors, c’est à l’enfant de s’adapter : il doit faire avec ce qu’on lui propose, ou partir dans une autre classe, avec tous les inconvénients que cela entraîne (perte de repères spatiaux, perte de contact avec ses amis, décalage de maturité avec les autres élèves).

Justement, il y a un courrier dans le sac d’école de Robin : "Je vous propose un rendez-vous le 7 juin pour faire le point sur le bilan de Robin. Idéalement, il faudrait que les deux parents soient présents."

D’accord, William sera présent, c’est sûr, car il est en vacances ; moi, j’essaierai de me libérer. Et on verra bien les conclusions et propositions.

(*) Ce texte a initialement été publié sur le blog "Le jour où"