Opinions

Les temps sont devenus dangereux, vu les dérives inhumaines en pays d’Orient. Aujourd’hui encore, la misère, la vexation, la haine et la souffrance engendrent des secrets qui semblent lourds à porter. Certains les expriment dans le terrorisme, une folie qui n’a pas de spiritualité. Avec vigueur, notre condamnation est absolue, et nous présentons nos condoléances aux familles des victimes parmi les fidèles qui assistaient à la messe de minuit à Alexandrie.

A qui profite le crime ? Chaque fois que le terrorisme frappe au nom de l’islam, le racisme gagne du terrain en surfant sur l’insécurité. Son objectif essentiel est de cibler un ennemi. Cette attitude flirte avec l’émotif et entretient une posture victimaire. L’islam, souvent consciemment assimilée au terrorisme, atteste que Dieu est grand pour que l’on ne puisse en Son nom tuer. Ce qui s’est passé est profondément inquiétant pour l’avenir du vivre ensemble. Personne ne peut se prévaloir d’une foi pour justifier la violence, que ce soit en Egypte, en Inde, ou sous l’égide des USA en Afghanistan, en Irak, ou encore le terrorisme sioniste israélien et son entreprise génocidaire en Palestine.

Cet attentat prend un caractère odieux, surtout quand il est perpétré en période de Noël orthodoxe, et d’Epiphanie catholique. A l’heure de la joie, en ce temps de fêtes, l’objectif est de briser la confiance, la fraternité et l’amour entre les citoyens arabes d’Orient en particulier, et entre les chrétiens et musulmans dans le monde en général, pour stigmatiser et fracturer l’unité en clans. Cet acte infâme ne doit pas entacher l’unité des pays d’Orient, où la cohabitation existe depuis des siècles entre musulmans et non musulmans.

Nous ne pouvons admettre que les agissements de groupuscules radicaux laissent croire que les chrétiens sont partout persécutés en terre majoritairement musulmane. Le terrorisme est un allié de ceux pour qui l’affrontement communautaire permet d’asseoir leur domination par des régimes corrompus et dictatoriaux, opposés à toute unité. L’impérialisme du Nouveau Désordre Mondial, avec ses escadrons de la mort, instrumentalise cela pour justifier son ingérence dans la région. A ceux qui exploitent ces actes au service du racisme judéophobe, christianophobe, ou islamophobe, nous disons non à la violence symbolique, verbale, institutionnelle, ou physique.

Le radicalisme musulman n’est rien d’autre que le produit du simplisme effrayant et de la frilosité discursive de certains imams qui s’érigent comme fonctionnaire de l’Absolu, du haut de leur tour d’ivoire, minbar, anesthésiant les fidèles lors de la khotba du vendredi, par un discours de circonstance. En Belgique, ni le Conseil des Théologiens des Musulmans, ni la Ligue des Imams, ne sont aptes à contrecarrer cela, par un discours citoyen et engagé dans la promotion du vivre ensemble, puisque dépassées par les défis du temps, ces institutions sont vides de toute proximité du terrain, et quand elles se prononcent, il ne s’agit que ponctuellement de simples vœux pieux. Il est primordial que ces entités disent quelles sont les valeurs qu’elles défendent contre les fausses prophéties du clash des civilisations, et qu’elles se positionnent face aux alliances objectives qui se profilent, surtout, quand elles semblent n’avoir pour souci que d’assurer un avenir politiquement correct. Nos imams sont en principes, des êtres de conscience qui ne se laissent pas coloniser par la peur ou l’ambition personnelle, et qui restent désintéressés. Leur engagement se fait alors, non pour le pouvoir mais pour la justice, comme une raison de vivre et pas une norme de vie. Peuvent-ils, à la manière du Rabbin Moshé Menuhin, de l’Abbé Pierre, ou encore de l’Imam Sadek Charaf, que Dieu fasse reposer à chacun son âme en paix, être et rester des intellectuels engagés et de nobles résistants au service de la dignité. Là où certains veulent répandre la suspicion, qu’ils s’engagent à établir la confiance. Là où certains expriment de l’émotion, qu’ils agissent rationnellement pour devenir la conscience éveillée des opprimés, une conscience critique fasse aux enjeux de la terreur, et apte à agir humainement.

Nous appelons certains responsables étatiques en terre d’Orient, à cesser le déni de droit de la présence non musulmane. Que le droit d’avoir un lieu de culte, que la liberté de pratiquer sa foi, de croire ou de ne pas croire, soient accordés à toutes les composantes et forces vives de la société. Nous appelons les citoyennes et citoyens, croyants ou pas, à œuvrer dans la voie de la réconciliation, en vue de relever le défi de la fraternité humaine. Nous appelons à ce qu’ensemble, nos cœurs dédient une prière en recueillement pour toutes les victimes des injustices. Amen !

Titre et sous-titre sont de la rédaction