Opinions Une opinion de Christophe De Beukelaer, président des jeunes CDH

Le monde de demain ne peut pas se dessiner sans nous.
Nos aînés ont l’expérience. Mais nous avons la liberté, l'ouverture et la quête de sens, alors fonçons.

Le long week-end du 15 août vient de passer. Il a fait calme au pays. Quelle aubaine ! Une fois de plus, la journée internationale de la Jeunesse (12 août), sera passée inaperçue…

Pourtant, on est là ! Sur les réseaux sociaux, déjà, pour s’indigner d’une planète au bord du gouffre et décrier la politique "Tous pourris". On refuse de n’être qu’un numéro dans ces multinationales qu’on se promet de fuir très vite. Conscients que notre monde est malade, on admet même faire parfois partie du virus ! Heureusement, il y a les copains. Avec eux on partage beaucoup, jusqu’à la colocation. Avec eux on sort aussi, on teste nos limites, jusqu’à parfois jouer avec le feu, l’alcool et même les drogu es. "Après tout, on a bien le droit. T’as vu comme on court ?" Entre l’appartement dont on rêve, la vie de couple qu’o n essaie de construire, nos engagements associatifs, la vie professionnelle exigeante, le sport, les amis, la musique… le rythme est infernal. Pour s’en sortir, on commence à lire, à méditer, à vivre l’instant présent. Tant bien que mal.

Pendant qu’on s’agite de la sorte, l’horloge tourne. Le monde de demain se dessine sans nous. Et notre empreinte manque. Oui elle manque car nous portons en nous trois vecteurs essentiels de changement, plus que jamais nécessaires.

1. La liberté. Ce mot, trop souvent galvaudé, est l’essence de notre génération. N’être prisonnier d’aucun dogme ni d’aucune tradition. Etre libre face à sa famille, son employeur. Etre libre de toute étiquette politique ou partisane. Cette liberté acquise grâce aux combats de nos aînés est une chance absolue. On a raison de la vivre et de ne rien lâcher.

2. L’ouverture. "L’union est notre force", dit notre devise nationale qui date de 1830, "et la diversité, notre richesse" ajoute notre génération 200 ans plus tard. C’est ancré en nous; le voyage, tisser des liens avec l’autre venu d’ailleurs et qui vit dans les quartiers multiculturels à Bruxelles, l’Europe, l’aide donnée aux réfugiés du parc Maximilien, notre regard fraternel sur le handicap, l’acceptation de nouvelles formes de vie de couple et de famille, l’estime et la gratitude envers nos aînés. Bref, l’ouverture à l’autre et au changement.

3. La quête de sens. On est la génération du "pourquoi ?". Ce "pourquoi ?" qui retourne les situations, remet en cause les plus ancrées des habitudes. Et on ne se satisfait pas d’une réponse convenue. Comme les Jong-VLD qui proposaient récemment d’abolir les allocations familiales pour investir plus efficacement au service des enfants les 3,5 milliards ainsi économisés. Nos parents sont conscients de leurs actes. Nous voulons aussi être conscients des conséquences de nos actes. Et de ceux-ci doit "suinter et couler le sens", selon la superbe formule de Christiane Singer.

Alors, tout y est ? Non. Il nous manque terriblement aujourd’hui ce qui a toujours caractérisé la jeunesse et a permis les grandes avancées de notre humanité : l’audace. Cette fameuse fougue de la jeunesse. Y aller. Arrêter de réfléchir, et foncer. Oser. S’affirmer. Aller dans la rue. Vivre ! Agir ! Réagir ! "Jugez-nous sur nos actes, pas sur nos paroles". Voilà ce qui nous manque souvent !

Ma conviction la plus profonde est que la Lumière viendra des jeunes. Nous portons en nous les nécessaires révolutions de notre époque. Croyons en nous-mêmes. Soyons ce changement que nous voulons tous. Il est urgent que nous montrions la voie à suivre. Nous devons être les pionniers qui imposent leurs idées là où nous sommes : à la pointe des exigences éthiques dans la gouvernance politique, intransigeants face aux enjeux environnementaux, militants d’une société plus juste, plus tolérante et ouverte au changement, artisans d’une économie au service de l’Homme.

Nos aînés ont l’expérience. Nous avons la liberté, l’ouverture et sommes en quête de sens. Ayons aussi l’audace. Alors ce 12 août et les prochains ne passeront plus jamais inaperçus !