Opinions

Par Christophe De Backer, CFO et administrateur de Grohe Belux.

Il y a dix ans, contraint et forcé, je me suis mis au vélo. Cette pratique a changé ma vie ! Nous planchons aujourd’hui sur un plan de bien-être pour notre personnel afin que chacun puisse trouver l’équilibre indispensable.

En 2008, le décès de mon père et une arthrodèse (opération chirurgicale destinée à bloquer une articulation lésée par l’obtention d’une fusion osseuse) furent pour moi comme un électrochoc. Il fallait que j’épargne mon dos, que les douleurs soient liées au stress, au surpoids ou à tout autre élément extérieur, je me devais de trouver une solution. C’est à cette époque que l’option de me rendre au bureau à vélo est devenue une évidence.

D’abord de Hoeilaart à Diegem, et ensuite, de La Hulpe à Rotselaar, j’ai vu les distances s’allonger et l’opportunité de prolonger tant le plaisir que l’effort, avec comme résultat une moyenne de 800 km par mois uniquement pour mes déplacements professionnels.

Que des avantages !

De multiples avantages me sont apparus : temps de parcours exact connu indépendamment de la circulation, amélioration de la mobilité (un réel problème actuellement) et geste pour l’écologie. De plus, laisser la voiture au garage représente une économie de 100 à 300 euros par mois (en fonction de la fréquence d’utilisation). A laquelle on peut encore ajouter une rémunération de 0,22 euro/km non soumise à la taxation prévue pour les personnes se déplaçant à vélo.

Mens sana in corpe sano : le vélo me permet de m’évader, mais aussi d’appréhender les choses sous un angle nouveau. Mes plus grandes inspirations, qu’elles soient privées ou professionnelles, naissent de mes tours de pédales. Mieux dans son corps, mieux dans sa tête, le taux d’absentéisme diminue et la productivité augmente. L’organisation mondiale de la santé préconise 150 minutes d’activité physique par semaine. En dessous, on s’expose à des maladies comme un état anxieux, des troubles du sommeil et des maladies cardio-vasculaires, sans parler de ce mal qui touche aujourd’hui une grande partie de la population active, à savoir le burn-out ou un état d’épuisement physique et émotionnel.

Suite à des formations pour prévenir le burn-out, j’ai pu me rendre compte à quel point un équilibre vie privée-vie professionnelle est primordial pour diminuer les facteurs de stress responsables de cet état d’épuisement. Chacun doit trouver le sien. Pour moi, c’est le vélo, et l’effort physique qui en découle, qui agit comme activateur de sérotonine, dite hormone du bonheur. Je démarre la journée de bonne humeur, détendu. Quand je double des files de voitures coincées dans les embouteillages ou que je prends un bon bol d’air frais en coupant à travers champs, cela me booste. Je rentre à la maison décontracté, même après de longues journées et malgré tous les aléas qu’elles comportent.

Grâce à cet entraînement, j’ai aussi pu développer en pratique ma passion, le triathlon, sans empiéter sur le temps que je veux consacrer à ma famille. Etant père de trois enfants et avec une épouse qui travaille, un équilibre familial est primordial…

Que les gens se sentent bien

Aujourd’hui, je suis CFO et administrateur pour une multinationale. Nous travaillons en ce moment à un plan de bien-être pour notre personnel. Etant donné le temps passé au bureau, il est important que les gens se sentent bien. Le dynamisme et le mouvement font partie de cet équilibre. Pour atteindre cet objectif, nous sommes en réflexion pour prévoir une salle de sport, un espace de détente avec par exemple un billard, un kicker, etc.

La mobilité fait également partie de ce plan avec la mise à disposition de e-bikes. Pourquoi pas un vélo de société en lieu et place d’une voiture de société ? Cette option est bien sûr adaptable et ne doit pas pénaliser les personnes dont la fonction prévoit des déplacements fréquents (comme les commerciaux).

Aujourd’hui où tout, ou presque, est à portée de clic (courses en ligne, communication entre collègues via webbex ou autre skype), l’activité physique est devenue un réel problème de santé publique pour notre société développée. Le fait d’aller au travail à vélo suffirait, pour la plupart des gens, à accomplir le minimum d’activité physique pour une semaine, sans inscription hors de prix dans des salles de sport. C’est probablement le plus grand intérêt du vélo par rapport à la voiture.

La sécurité comme talon d’Achille

Je constate quotidiennement l’augmentation de cyclistes sur mon itinéraire de travail. Conséquence probable du développement des vélos électriques. Il reste toutefois un travail de grande envergure pour améliorer la sécurité des personnes se déplaçant à vélo. Si ceux-ci s’équipent de manière à être visibles, les zones réservées aux vélos ne sont pas encore étendues à toutes les voies. Nous sommes encore très loin du modèle idéal permettant à chaque usager, quel que soit son mode de transport, de se sentir en sécurité et de profiter de son voyage.