Opinions
Une opinion d'Eric de Lamotte, entrepreneur.


C’est sur un modèle d’une étoile à cinq branches, avec l’homme au centre de tout, que le libéralisme sociétal devrait se baser.


Après une relative défaite aux élections communales, les libéraux doivent redéfinir une ligne claire pour l’avenir, porteuse d’un nouveau souffle. La page du XXe siècle doit être tournée. Il ne s’agit plus de se battre pour que les citoyens bénéficient de nouveaux droits sociaux ou pour que les sociétés commerciales jouissent de nouveaux avantages fiscaux sans bénéfice certain en termes d’emplois, d’innovation ou de réduction d’impact environnemental. Nos efforts doivent aujourd’hui viser à protéger notre planète, à construire un monde durable et à financer toutes les solutions à apporter pour relever ces défis.

C’est sur un modèle d’une étoile à cinq branches avec l’homme au centre de tout que le libéralisme sociétal devrait se baser avec comme grands axes : la planète, les gens, la connaissance, l’économie et les valeurs !

La planète

Le réchauffement climatique nous entraîne inexorablement vers son implosion. Des objectifs ambitieux, des investissements conséquents et des mesures urgentes s’imposent. Une ville comme Bruxelles doit montrer l’exemple d’un développement harmonieux et durable et devenir une green and smart city, via une économie circulaire, des règles strictes d’émission basse, un métro ambitieux, des trams en site propre, des parkings de dissuasion, des pistes cyclables et des voitures, scooters et vélos partagés, le tout en s’appuyant sur les technologies digitales.

Les gens

Nous bénéficions en grande majorité d’une qualité de vie satisfaisante, focalisons nos efforts sur le bien-être des 5 à 10 % des plus démunis (sans-abri ou pensionnés précarisés) et sur la bonne et indispensable intégration - économique et culturelle - des migrants. Promouvons un humanisme rationnel qui accueille sans réserve les personnes dont le pays d’origine est en situation de guerre tout en instaurant des règles claires pour les nouveaux arrivants. Le réfugié doit être considéré comme une valeur ajoutée plutôt que comme une charge mais il doit s’adapter aux valeurs de notre société.

La connaissance

Notre enseignement est d’une qualité inférieure à la moyenne des pays de l’OCDE (cf. Pisa), nos entreprises ne parviennent pas à trouver du personnel qualifié (malgré un taux de chômage encore élevé), notre recherche et nos universités ne sont pas suffisamment soutenues et, en matière d’intelligence artificielle, nous sommes dans un des derniers wagons européens. Nous manquons d’ambition en termes de création, d’innovation et de digitalisation. Rétablissons un enseignement de qualité qui ne refuse pas de créer des élites tout en permettant à tous de bénéficier initialement de chances égales d’accéder à une formation de qualité. Profitons de l’arrivée de nombreux réfugiés avec une formation de qualité de leur pays d’origine pour les intégrer. Promouvons et finançons massivement la recherche fondamentale et transformons ces investissements en création d’entreprises porteuses de développement durable, de valeur ajoutée et d’emplois.

L’économie

Ces actions pour la planète, pour les plus démunis ou pour favoriser une société de la connaissance nécessiteront de gros moyens financiers. Le financement à court terme de ces actions urgentes ne pourra provenir que d’un endettement plus important de l’État. Il faut donc revoir le paradigme de l’orthodoxie budgétaire imposée par l’UE. Si on dépense rationnellement plus de 10 milliards d’euros dans notre armement, il doit en aller de même pour investir massivement dans la protection de notre environnement ou pour la transition énergétique. Le financement à moyen et long terme doit provenir de la croissance intelligente d’une économie durable qui générera une augmentation de la valeur ajoutée produite. Accentuons la promotion de l’entrepreneuriat et de la prise de risque, la croissance de nos sociétés et la flexibilité du marché du travail. En concertation public/privé, développons un grand plan de création d’entreprises à haute valeur ajoutée technologique.

Les valeurs

Primauté de l’intérêt général, liberté individuelle, travail et partage : ces valeurs - un peu "bateau" sans doute - sont indispensables pour réussir le défi des quatre axes décrits. Toutes les actions à venir doivent reposer sur ce socle.

En conclusion, il est temps de changer de paradigme et de focaliser nos efforts sur les solutions à apporter aux énormes défis du XXIe siècle. Assurer un monde durable aux générations futures ne pourra être réalisé qu’avec d’énormes moyens financiers, ce qui nécessitera une croissance économique intelligente garantissant de la valeur ajoutée à notre société. Seul le libéralisme peut l’assurer à condition de se muer en libéralisme sociétal.