Opinions

Ceux qui me connaissent savent que j'aime la Flandre et les Flamands. J'ai d'ailleurs une épouse et donc une belle-famille limbourgeoise. Partout où je vais, en Amérique Latine par exemple, je me force à expliquer à qui me le demande, les avantages du "fédéralisme à la belge". Mais, cette fois-ci, je l'avoue, la nausée me prend à l'écoute des "négociateurs flamands" et de leur capitaine Leterme (à la Belgique). Il me semble en effet que l'infection nationaliste est en train de provoquer une gangrène et chacun sait que cette maladie entraîne le plus souvent une amputation d'un membre. Mais nous, Wallons et Bruxellois francophones, ne comptons pas être un membre mort, ni une colonie du "dominium nordiste".

Ainsi donc, les revendications flamandes seraient légitimes et celles des francophones insultantes... Estimer qu'une minorité n'a pas le droit de s'exprimer officiellement dans sa langue là où les lois le permettent pourtant - une des trois langues officielles du pays, en outre - serait donc devenu une vertu. Mais allez donc vous faire voir chez qui vous voudrez, chers "compatriotes". Et s'il faut vous le dire dans votre langue, on vous le dira donc en néerlandais. [...]

Moi, en tous les cas, j'en ai plein les naseaux. Et je finis par me dire que, parfois, il vaut mieux se séparer "pour les gosses". Bon, on n'en a pas, mais cela revient au même. Certes, nous ne rentrerons pas dans votre jeu, Messieurs les nationalistes flamands. Nous réaffirmerons jusqu'au bout que la solidarité, singulièrement la sécurité sociale, est pour nous une valeur centrale, qui vaut la résistance que nous vous opposerons. Mais céder à vos ukases en courbant le dos, cela : NEE !

Mais au fond, ne vaut-il pas mieux être pauvres que de vivre en couple avec un partenaire qui n'arrête pas de vous reprocher que la vaisselle est sale, en oubliant que depuis tout petits, c'est nous qui faisions le jardin. Certes avec l'aide de beaucoup d'entre eux, mais aussi celle des Italiens, des Polonais, des Turcs, des Arabes, etc [...]

Se quitter, pourquoi pas si au bout du compte, nous ne pouvons obtenir l'essentiel, qui est au fond le respect de nous-mêmes ? Car s'il faut s'humilier pour au final ne sauver que les apparences... Ceci dit, je n'ai pas de solution à ce jour, et je ne crois pas (plus...) au rattachement à la France. Un de mes amis me suggérait l'autre jour (mais après quelques verres de vin rouge, certes) de créer le "couloir de Toscane", mais au-delà du caractère séduisant de la proposition, je ne la crois pas réalisable à court terme. Réfléchissons donc aux sorties [...] Certes, la Belgique - digne de ses diverses communautés - doit rester l'option numéro 1. Mais nous ne devons pas être pris au dépourvu et il s'agit d'être prêt au cas où... J'invite donc à réfléchir à l'organisation de débats, contradictoires si possible, dans les différentes sous-régions et de refaire un tant sous peu le "sous les pavés la plage" de nos tendres années.

Président du CPAS de Liège

(S'exprime à titre privé)