Opinions
Une opinion de Marc Danneels, Chief Investment Officer (Beobank).


Les maîtres mots de l’année boursière 2018 seront une gestion active et flexible.

L’année 2017 aura été, pour les investisseurs, une année où toutes les prévisions auront été déjouées. Les risques politiques tant redoutés en Europe auront ainsi finalement à peine perturbé les bourses. Outre-Atlantique, la politique du président Trump a provoqué moins de remous que prévu sur les bourses. Et alors que les pays émergents étaient encore dépeints en début d’année comme les victimes toutes désignées de la politique protectionniste de Trump, ils se sont profilés ces derniers mois comme les marchés les plus performants dans le monde.

La position de départ des marchés financiers présente cette année 2018 de nombreuses similitudes avec la situation de l’année passée. Comme il y a un an, les bourses sont soutenues par d’excellents chiffres de croissance (encore revus à la hausse récemment), des indicateurs macroéconomiques positifs et une évolution économique synchrone dans les principales régions du globe. L’inflation historiquement faible était elle aussi déjà présente fin 2016.

Deux différences importantes ressortent toutefois par rapport à la situation il y a un an. Pour commencer, les bourses sont d’une manière générale relativement chères suite à la hausse des cours tout au long de l’année écoulée. En termes de valorisation, les bourses d’Europe et des principaux pays émergents sont aujourd’hui plus ou moins au même niveau que leur moyenne des 25 dernières années. Les actions américaines sont même déjà bien au-dessus de cette moyenne. Deuxième différence, la tendance indéniable à la normalisation de la politique monétaire des principales banques centrales. Pour la Réserve fédérale américaine, cela a commencé l’année passée avec plusieurs hausses de taux successives. La Banque centrale européenne n’en est pas encore là, mais la pression à la hausse sur les taux augmente aussi progressivement.

Ces deux facteurs montrent que nous nous dirigeons progressivement vers un stade avancé du cycle économique, surtout aux Etats-Unis. D’où la nécessité d’opter plus que jamais aujourd’hui pour des solutions d’investissement à gestion active et flexible. Dans le contexte actuel, le sentiment des investisseurs est en effet à ce point euphorique que le moindre contretemps, comme des prévisions économiques décevantes, une accentuation des tensions (géo)politiques… pourrait provoquer une réaction disproportionnée sur les marchés.

Il sera donc crucial pour les investisseurs en 2018 de ne pas investir dans un indice de marché - relativement cher - et d’opter plutôt pour une gestion active en association avec une stratégie d’investissement sélective pour être parfaitement armés contre ce risque accru de volatilité sur les marchés financiers. Au niveau des actions, les actions européennes conservent une certaine marge de croissance. Les actions japonaises bénéficient actuellement d’une tarification attractive et les pays émergents sont également bien positionnés pour poursuivre sur leur lancée de 2017.

Mais, plus important encore que la région, il s’agira en 2018 de sélectionner les bonnes entreprises. Même si nous observons un début de normalisation de la politique monétaire des banques centrales, les obligations restent une composante importante de tout portefeuille pour amortir les chocs éventuels. Cependant, la manière dont il faut investir en obligations a considérablement changé, puisqu’il s’agit désormais d’investir dans des fonds d’obligations à gestion active capables de saisir de manière très tactique les opportunités qui subsistent dans certains segments obligataires comme les marchés émergents, et de mettre également à profit de manière optimale les différences de taux à court et long termes dans différentes régions.

Une telle approche permet dans le même temps de contrôler les risques qui existent incontestablement lorsque l’on investit dans des obligations, comme la sensibilité aux taux et le risque de crédit.