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Nouveau drame social dans le ciel belge. Après City Bird, la Sabena ou Delsey Airlines - pour ne citer que les cas les plus récents - c'est au tour de la Sobelair de se retrouver au bord du précipice. Pour tenter de sauver ce qui peut l'être, son conseil d'administration vient d'introduire une demande de concordat assortie d'une cession partielle de ses activités. Les ultimes espoirs se nomment TUI Belgium (Jetair) et Birdy, la compagnie opérée par Victor Hasson et Georges Gutelman. Mais le pire est peut-être encore à venir dans la mesure où le montage qui sera proposé marquera la disparition de l'entité juridique Sobelair, ce qui risque de rester en travers de la gorge du tribunal de commerce de Bruxelles et de son incontournable présidente Anne Spiritus-Dassesse. Le spectre d'une faillite pure et simple pointe à l'horizon...

Pourtant, au moment de donner les clés de la compagnie charter belge au milliardaire Aldo Vastapane, le curateur Christian Van Buggenhout, dont le rôle est de défendre les intérêts des créanciers de l'ex-Sabena, devait avoir le sentiment de s'être enlevé une sérieuse épine du pied. Au bout du compte, l'échec est cuisant. Un peu plus de deux ans après la faillite de la Sabena, on ne peut s'empêcher de dresser un parallèle entre les destins de l'ex-compagnie nationale belge et de son ancienne filiale charter: gestion défaillante, absence d'une vision stratégique forte au niveau de l'actionnaire majoritaire (public dans le cas de la Sabena, privé dans celui de la Sobelair), culture syndicale dominée par des «baronnies» peu ouvertes aux changements, coûts de production trop peu concurrentiels, sous-capitalisation chronique, folie des grandeurs (la commande des fameux Airbus à la Sabena, le lancement d'une ruineuse ligne sur Johannesbourg dans le cas de la Sobelair),...

L'histoire a donc tendance à se répéter, les leçons du passé n'ayant visiblement pas été retenues pour créer à temps les conditions d'une véritable viabilité pour la Sobelair. C'est finalement le personnel qui paie une nouvelle fois la note dans un secteur du transport aérien qui commence pourtant enfin à sortir un peu la tête de l'eau.

Le coup est aussi très rude pour l'image de l'aéroport de Bruxelles-National et pour ses principaux prestataires de services.

© La Libre Belgique 2004