Opinions

Ala vague cauchemardesque qui a frappé les rivages du continent asiatique, répond une autre vague: celle de la solidarité mondiale. On se réjouit sans réserve de cet élan qui unit tant d'hommes et de femmes sur la planète pour porter aide et assistance aux sinistrés du Tsunami.S'il fallait une raison pour ne pas désespérer du genre humain, on la trouvera dans cette tragédie planétaire. Une solidarité qui s'est exprimée là-bas, dans les pays meurtris: les témoignages sont nombreux à ce propos, les habitants ont, souvent, d'abord pensé à secourir leurs hôtes étrangers.

Une solidarité qui a pris une ampleur sans précédent chez nous, dans les pays occidentaux: mobilisation des gouvernements et des ONG, mobilisation et générosité extraordinaires des citoyens.

Plusieurs éléments expliquent ce mouvement:

le côté presque cinématographique de cette catastrophe naturelle, son ampleur géographique,

le nombre de victimes, mais aussi le fait que quelques hauts lieux du tourisme mondial aient été touchés, avec pour conséquence la couverture médiatique qui en a résulté.

La reconstruction de cette partie du monde va nécessiter la mobilisation d'énergies humaines et de moyens financiers considérables durant, sans doute, plusieurs années. Et il sera encore fait appel

à chacun d'entre nous pour apporter sa pierre.

Et il faut espérer que le temps qui passe n'effacera pas de nos mémoires ces événements, et que nous répondrons encore à ces appels.

Il faut espérer que cette reconstruction ne se limitera pas à un aspect purement matériel ou sanitaire. Qu'au contraire, l'humanité y trouvera une occasion de progresser en mettant fin à des pratiques détestables qui font du paradis des uns un enfer pour les autres: que l'on songe, par exemple, au tourisme sexuel ou à la pédophilie qui sévissent dans certains de ces pays.

Enfin, cette mobilisation mondiale et exceptionnelle ne doit être qu'un début, l'occasion d'une prise de conscience plus générale.

Le Tsunami, par sa puissance destructrice a frappé les esprits. Mais les plages asiatiques ne sont pas les seules plaies ouvertes de notre planète.

La faim, la misère, les guerres sont des calamités vieilles comme la Bible et nourrissent la terre du sang des hommes. Des ONG, depuis des années, dans l'ombre, avec des moyens toujours trop réduits, luttent, loin du feu des médias, pour que cela change. Demain, elles feront aussi appel à vous. Elles vous parleront de pays ou de régions d'Amérique, d'Asie ou d'Afrique que vous aurez quelque peine à situer sur la mappemonde. A ces ONG-là, il faudra aussi apporter de l'aide et de l'espoir.

Il ne faudrait pas que le Tsunami tue encore, ailleurs mais de manière invisible cette fois.

© La Libre Belgique 2005