Opinions

M. Christophe Vielle, chercheur du FNRS à l'UCL, préoccupé de la bonne gestion et du renouvellement des ressources énergétiques de la Région wallonne, ne trouve rien de mieux que de sortir du placard un vieux projet de construction d'un barrage sur la Haute Lesse, dont la version "réduite" inonderait 684 hectares d'une des zones naturelles les plus intactes et les plus riches de Wallonie : ce merveilleux tronçon de la vallée de la Lesse entre Maissin et Halma, en passant par le hameau de Lesse, le confluent Lesse-Our (endroit magique !) et Daverdisse (De l'électricité verte sur la Lesse, "La Libre 2", 20. 6. 2007).

Malgré le caractère peu peuplé de la région concernée, ce projet avait déjà suscité il y a 36 ans une telle levée de boucliers qu'il fut enterré, pour de bon espérait-on. C'était pourtant une époque (1971) où la prise de conscience de la valeur essentielle de notre patrimoine naturel était loin d'être partagée par tous.

Il est ahurissant de voir aujourd'hui la recherche scientifique et universitaire déboucher sur une solution aussi calamiteuse et rétrograde. Comme Caton l'Ancien qui, dans ses plaidoiries, ne cessait de répéter que Carthage devait être détruite, disons et redisons, à temps et à contretemps, qu'en Belgique et en Wallonie, on ne peut plus détruire ou abîmer aucune parcelle de nature.

Le développement durable doit aller de pair avec la sauvegarde durable de l'environnement.

Emmanuel Brutsaert

Corroy-le-Grand

NdlR : Nous publierons prochainement dans nos pages "Débats" une autre réponse à l'opinion de M. Vielle, celle de M. Sottiaux, directeur de la Fédération sportive des pêcheurs francophones de Belgique.

Ce dernier écrit notamment : "Il serait inacceptable d'altérer encore plus nos cours d'eau au nom d'une énergie verte qui ne l'est assurément pas".