Opinions

Pour la première fois Wallons et Bruxellois ne sont plus dans une position de "mendiants" qui les forçait auparavant à faire des concessions de fond pour obtenir des financements. Aujourd'hui, iI ne s'agit plus de faire du "combat retardateur" mais d'avancer. Pourquoi ne pas dire oui à de nouveaux transferts de compétences vers les entités fédérées dans un souci d'homogénéité et de prise de responsabilités ?

Contrairement à ce que pensent certains Flamands, les Wallons et Bruxellois n'ont pas peur de prendre leur avenir à bras-le-corps, mais il y a trois conditions préalables à cet approfondissement de la régionalisation :

1) Le périmètre géographique des entités fédérées doit correspondre à la réalité économique des régions et en tout cas au voeu de leurs populations. La frontière linguistique fixée (sans consultation) en 1963 n'est pas une frontière d'Etat, mais une simple limite administrative. Dans le cas où les entités fédérées seraient amenées à exercer des compétences maximales, la moindre des choses est de consulter les électeurs de toutes les communes limitrophes à la frontière linguistique de 1963 (il y a 44 ans !) pour savoir s'ils veulent être Flamands, Wallons ou Bruxellois. Scinder l'arrondissement de BHV sans obtenir l'élargissement de la Région bruxelloise serait suicidaire pour les francophones : ce serait abattre son atout majeur d'entrée de jeu sans savoir où on va ensuite...

2) Wallons et Bruxellois sont prêts à jouer le jeu d'un véritable Etat fédéral pour autant que celui-ci ne soit pas réduit à une coquille vide. Il faut donc définir clairement la liste des compétences fédérales (donc belges) qui feront le socle du Royaume Belgique : affaires étrangères, défense, justice, finances, intérieur, partie de la sécurité sociale etc.

3) Enfin, il faut fixer une hiérarchie des normes qui soit claire (Loi fédérale, décret, ordonnance, règlements communaux...)

Si ces 3 conditions sont remplies, tout est possible. Il faut oser aborder les questions qui fâchent et les résoudre une fois pour toutes. Je n'ignore pas que l'adaptation du périmètre géographique des Régions irrite les Flamands (onbespreekbaar), mais ceux-ci ne doivent s'en prendre qu'à eux-mêmes : leur intolérance (tutelle tracassière de la Région flamande sur les communes à facilités) fait que les francophones n'ont plus aucune confiance dans leur "modération" et leur "bon sens".

WOLUWE ST LAMBERT