Opinions

Député européenne. Ancien ambassadeur de la République tchèque au Koweit et au Qatar

Récemment, le conflit libanais s'est douloureusement rappelé au souvenir des Belges. Dans une zone aux enjeux complexes telle que le Proche-Orient, peut-être est-ce l'occasion de revenir sur le rôle éminemment déstabilisateur de la milice islamiste Hezbollah dans cette région troublée.

Le Hezbollah est apparu en tant que milice il y a près de 20 ans et a été officiellement porté sur les fonts baptismaux en 1985. Cette organisation paramilitaire et politique basée au Liban est considérée comme une organisation terroriste au Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Australie, aux Etats-Unis et en Israël. L'Allemagne et la France, ont pris des mesures judiciaires contre le Hezbollah.

Le Hezbollah a mené des attaques terroristes contre des Européens et a commis notamment des attentats à la bombe contre le contingent français au Liban (1983), contre l'ambassade française au Koweït (1983), dans un restaurant à Madrid (1985), ainsi que treize attentats à la bombe sur des centres commerciaux et des équipements ferroviaires en France (1986), tuant 89 personnes et en blessant 250.

Malgré le retrait israélien du Liban sud en 2000, et après des mois d'escarmouches, le 12 juillet 2006, le Hezbollah lança une offensive contre la frontière nord d'Israël, bombardant les villes frontalières et semant la mort et la confusion au sein des civils et des militaires israéliens. Simultanément, une unité spéciale du Hezbollah s'infiltra à travers la frontière, et enleva deux soldats blessés qu'elle exfiltra vers le Liban. Ils n'ont pas survécu et les dépouilles de ces deux réservistes, Ehud Goldwasser et Eldad Regev, ont récemment été rendues à leurs familles en échange de prisonniers, bien vivants, accueillis en héros à Beyrouth.

Durant l'été 2006, suite à cette offensive du Hezbollah, l'armée israélienne répliqua afin de récupérer les soldats enlevés par le Hezbollah, stopper le tir de roquettes sur les villes israéliennes, contraindre le gouvernement libanais à appliquer la résolution 1559 de l'ONU, à savoir désarmer les milices et déployer son armée le long de sa frontière sud. En effet, la présence sur son territoire de milices armées telles que le Hezbollah empêche le gouvernement libanais d'exercer sa souveraineté sur l'intégralité du territoire. Le 2 septembre 2004, le Conseil de Sécurité des Nations Unies avait adopté la résolution 1559 demandant à toutes les forces étrangères de se retirer du Liban et appelant à la dissolution et au désarmement de toutes les milices libanaises et non libanaises. La première exigence a été remplie par le retrait de l'armée syrienne du Liban mais pas la seconde, le Hezbollah refusant de désarmer.

Aujourd'hui, celui-ci dispose toujours d'une milice privée et d'un armement redoutable en dehors des forces armées officielles gouvernementales. Pour justifier son refus de déposer les armes, le mouvement intégriste fournit des explications fallacieuses. Selon le Hezbollah, les Israéliens ne se seraient pas intégralement retirés du Liban conformément aux résolutions 425 et 426 du conseil de sécurité, adoptées en 1978, évoquant ainsi le secteur des fermes de Chebaa. Rappelons que ce secteur était syrien lorsqu'il a été occupé par Israël suite à la Guerre des Six Jours et non libanais (cette réalité est confirmée par les Nations-Unies); néanmoins le Hezbollah continue de prétendre le contraire pour justifier, en marge de son statut de parti politique, un rôle de "résistant à l'occupant israélien".

Depuis lors, les Casques bleus de la FINUL ne parviennent pas à empêcher le retour de combattants du Hezbollah dans la région frontalière, ni le passage d'armes en provenance de Syrie et d'Iran. Le Hezbollah aurait ainsi réussi à plus que doubler son stock de roquettes depuis la fin des hostilités de 2006.

En tant qu'Européens, nous ne pouvons que nous inquiéter du renforcement d'une telle organisation et des ramifications qu'elle développe dans l'Union européenne. En effet, le Hezbollah a développé un réseau de cellules de collecte de fonds et de soutien en Europe qui peuvent être transformées en cellules opérationnelles capables d'organiser des attentats sur le territoire de l'UE. Les fonds collectés permettent également au Hezbollah d'embraser le Moyen-Orient alors que les Casques bleus de la FINUL, dont de nombreux Européens, sont dans sa ligne de mire.

D'autre part, le Hezbollah diffuse la chaîne de télévision Al-Manar en Europe, avec l'influence néfaste sur les communautés musulmanes qu'on peut imaginer, incitant à la haine et à la violence contre l'Occident, glorifiant les kamikazes et utilisant les versets du Coran pour justifier et encourager cette violence. De plus, il apporte son soutien et sa coopération à des groupes terroristes inscrits sur la liste des organisations terroristes de l'UE, comme le Hamas.

Eu égard à tous ces éléments, le Hezbollah doit être considéré comme une menace directe pour l'Union européenne et j'invite les citoyens européens à faire pression sur leurs autorités pour inscrire le Hezbollah sur la liste de l'UE des organisations terroristes.