Victimes d’abus sexuels dans l’Eglise catholique, parlez, il n’est pas trop tard

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Opinions

Nous lançons cet appel à tous les Belges qui ont été agressés ou abusés dans leur enfance ou adolescence, par le clergé de l’Eglise catholique en Belgique, et qui n’ont jamais porté plainte contre ces agressions.

Quelque 950 personnes ont déjà fait appel à notre association Droits des hommes dans l’Eglise catholique. Nous invitons ces personnes à porter plainte contre les coupables de l’époque, vivants ou décédés, et également contre la hiérarchie ecclésiastique qui avait autorité sur les coupables en ces moments, si l’on peut soupçonner que certains de ces supérieurs étaient au courant de ce qui se passait et n’ont rien fait pour arrêter cela.

La façon dont la hiérarchie ecclésiastique belge se défend chez le juge est si pénible pour les victimes que nous nous sentons obligés d’exprimer cette douleur (pour preuve, écoutez l’exposé de leur avocat Me Keuleneer, fin janvier dans la class action à Gand (2) concernant la plainte de 39 victimes pour omission coupable des supérieurs ecclésiastiques à l’époque des abus).

La plupart d’entre nous avons déjà agi pour obtenir une reconnaissance, en passant par l’Arbitrage ou par les Points d’accueil de l’Eglise. Dans ces procédures, il nous était imposé de nous taire afin de mériter la reconnaissance des délits commis. Nous avons été obligés de dissimuler le nom du coupable. Mais jamais personne ne pourra nous interdire de mentionner notre propre nom.

Notre enfance a été grevée du syndrome de l’Holocauste et cette procédure de reconnaissance par l’Eglise a été un calvaire. Nous osons en témoigner fièrement, la tête haute, pour dire : "Wir haben es geschafft - Nous l’avons fait." Et nous voulons partager cette expérience de fierté avec tous les gens qui n’ont pas osé faire cette démarche et qui souffrent encore en silence.

C’est la raison de cet appel. Même si cela vous reporte à une époque lointaine, n’hésitez pas à porter plainte au Parquet ou à la cellule pédophilie de la police fédérale. Ou prenez contact avec un Point d’accueil de l’Eglise.

Vous-même, votre entourage direct mais également toute la société, s’en trouveront plus humains, Eglise catholique comprise. Associez-vous pour "combattre le bon combat et achever la course" (2 Tim. 4,6) tant que c’est encore possible. Il n’est pas encore trop tard. Vous avez besoin de support sur la route ? N’hésitez pas à nous contacter.

www.mensenrechtenindekerk.be

(1) Stefan De Vos, Jan Bomans, Rudi Heyvaert, Beatrice Limpens, Guy Pascal Roucour, Renild Van den Plas, Firmin Van Duyse, Marc De Bosscher, Jan Puype et Landuyt Nancy, Luc Van de Cauter, Lutgarde Herman, Robert Gossart, Eric Delbaen, Jos Castro, Gustaaf Van Opstal, Luc Bollaert, Paul Geeraerts, Stephan Houtman, Trudo Vangrieken, Karinina Dejonckheere, Luc Theuwis et Ilse Verwielen, Kris Minten, Eva Dubuisson-Demoor, Hans De Bruyn, Marc Van Caekenberghe, Yvan Scherpenberg, Peter De Cuyper, Gunter Spapen, Ghislain De Bray, Franky D’Hauwer, Daniëlle Muysers, Alain Nolens, Daniel Verlinde, Marc Dumoulin, Manu Van hoof, Janny Blondé, Tony Boons, Christina van Doorslaer, Bart Ongena, Chris Delville, Patrick Van Nieuwkerk, Diane Heynickx, Christophe Hillaert, Georgette Beutels, Ronny Dekimpe, Alexandrine Sidorov, Emmanuel Henckens, Suzanne Kuppens, Rita De Keyzer et Marcel Van Impe, Elise Vandevenne, Ignace Demol, Claude Botteman, Mark Vangheluwe, Linda Opdebeeck et Rony Vandervaeren, Staf Van Pelt.

(2) Les class actions, appelées aussi "actions de groupe" ou "actions collectives" en français, figurent parmi les procédures judiciaires les plus efficaces dans plusieurs pays, permettant aux victimes de comportements ayant des effets de masse d’obtenir satisfaction devant un juge.