Violences sexuelles: "Certains jeunes d'origine maghrébine perçoivent les femmes comme du gibier en liberté"

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"L'incident de Cologne devrait être le moment idéal pour la justice et les autorités d'établir une limite très claire: jusqu'ici et pas plus loin." Une carte blanche de Bianca Debaets (CD&V), secrétaire d’État bruxelloise à l’Égalité des Chances.

Au cours de ces derniers jours, plus de 100 femmes ont déposé plainte à Cologne pour intimidation sexuelle durant la nuit du nouvel an. Selon les dernières informations, des groupes importants de bandes criminelles auraient profité des festivités pour agresser et détrousser des dizaines de femmes. Les auteurs seraient d'origine nord-africaine ou arabe. Des témoins racontent l'histoire de femmes ayant été séparées brutalement de leurs partenaires, de jeunes femmes encerclées par des hommes agressifs et agités. Ceux-ci leur ont fait subir des palpations et des attouchements, infligé des crachats et les ont injuriées. La plus jeune victime n’avait que 15 ans.

Les auteurs ont agi de manière implacable. Ils se sont rassemblés en groupes de 30 à 40 hommes et sont partis à la recherche des femmes les plus vulnérables. Ceux qui ont essayé de secourir les femmes ont reçu des coups. A chaque fois que des agents de police sont arrivés sur place, les auteurs ont lancé des bouteilles et des feux d'artifice dans leur direction avant de disparaître dans la foule. Ce jeu du chat et de la souris a duré plusieurs heures.

"Ils ont commencé par directement nous peloter. Leurs mains étaient vraiment partout. J'ai crié à l'aide, ils se sont moqué de moi."

Il s’agit d'un des nombreux témoignages à glacer le sang que j'ai eu l'occasion de lire ces derniers jours sur les événements qui se sont déroulés à Cologne. Ce type d'acte barbare est inacceptable. La lenteur de la réaction des services d'ordre, la proposition curieuse de la bourgmestre de Cologne d'une sorte de code de conduite pour les femmes et le fait que les auteurs n'aient toujours pas été arrêtés soulèvent de nombreuses questions. La colère populaire qui a éclaté de manière spontanée au cours des derniers jours dans plusieurs villes allemandes est plus que compréhensible.

Le moment idéal pour établir une limite très claire

Suggérer ci et là que c’est aux femmes de prendre leurs responsabilités pour éviter les violences sexuelles, c’est le monde à l'envers. Cela me fait penser à ce que le documentaire "Femme de la rue" a mis en lumière à Bruxelles. Certains jeunes d'origine maghrébine perçoivent les femmes comme du gibier en liberté, surtout lorsque ces femmes sont plus légèrement vêtues. Nous devons arrêter de penser que les femmes doivent adapter leur style vestimentaire ou leur comportement dans l'espace public pour ne pas susciter de comportement indésirable auprès d'hommes ayant le sang chaud. Cet énième incident devrait être le moment idéal pour la justice et les autorités d'établir une limite très claire: jusqu'ici et pas plus loin.

L'intimidation sexuelle et physique des femmes reste malheureusement monnaie courante. Notre pays présente, lui aussi, des statistiques hallucinantes en la matière. Il ressort ainsi d'une étude que 45% des femmes belges ont déjà été victime de violences verbales, 15% de violences physiques et que 6% ont un jour subi des violences sexuelles.

Chacun a le droit de se sentir en sécurité

En tant que secrétaire d'Etat bruxelloise à l'Egalité des Chances, j'ai fait de la lutte contre les violences faites aux femmes l'une de mes priorités. Chacun a le droit de se sentir en sécurité et confiant dans l'espace public. C'est la raison pour laquelle nous concevrons cette année une campagne de lutte contre le harcèlement en rue et que nous lancerons, avec l'U-Gent, une nouvelle étude sur les violences faites aux femmes à Bruxelles. Cette étude doit nous aider à déterminer le nombre de femmes qui sont victime de violences. Je ferai également examiner si les femmes d'une certaine origine, d'un certain âge, ou celles établies dans certains quartiers de la capitale présentent un risque plus élevé d'être victime.

Il est donc particulièrement nécessaire de disposer d'une étude approfondie et de chiffres actuels afin de pouvoir lutter contre les violences à l'encontre des femmes. Si nous voulons éviter que de nouveaux incidents comme ceux qui se sont déroulés à Cologne se reproduisent dans un futur proche, nous devons mettre au point, aujourd'hui, une politique de fermeté. A Cologne, mais aussi et surtout à Bruxelles.

Une carte blanche de Bianca Debaets (CD&V), secrétaire d’État bruxelloise à l’Égalité des Chances.


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