Opinions

Une opinion de Bernard Hennebert, auteur de quatre livres sur la RTBF, dont "RTBF, le désamour" (chez Couleur livres).


Je dénonce aujourd’hui l’influence de deux ministres PS sur le contenu éditorial de la RTBF.

Je suis, bien sûr, opposé à tout populisme sur le service public mais je suis aussi contre l'influence de partis sur l'éditorial du service public, si celui-ci n'est pas illégal.

Il faut chercher la cause d'une éventuelle présence d'éléments que l'on qualifie de populistes à l'antenne, et supprimer celle-ci, sinon on écarte un lampiste et d'autres reviendront, puisque cela correspond à ce que veut la direction (voir les récentes déclarations de JP Philippot à propos de cette émission).

Le seul moment où doivent intervenir les partis, c'est lors de la rédaction du contrat de gestion valable pendant cinq ans et lors de la nomination de la direction et du conseil d'administration du service public (le prochain se prépare actuellement justement).

Si vous voulez que la RTBF redevienne (hélas, je pense qu’il faut utiliser ce verbe) un service public, il n’y a qu’un seul préalable indispensable et concret : que la RTBF ne soit plus dépendante de l’audimat et donc qu’elle ne soit plus obligée de recourir au sensationnel, au populisme ou au divertissement facile sans cesse. Sans ça, pour faire le buzz, vous aurez de plus en plus de "Maréchal", (on se souvient des propos de la direction des radios à propos des voix des femmes, ou la sanction du CSA à propos de commentaires discriminatoires émis vis-à-vis de Roms par un animateur à l’antenne), et les larmes de crocodile après coup de la RTBF qui fait semblant de s’excuser.

Au lieu de perdre du temps à dénoncer un effet (Maréchal, par exemple), mieux vaut tenter en priorité absolue de supprimer la cause (la publicité qui entraîne la suprématie de la recherche de l'audimat). Le reste ne sert à rien.

À la rétorque immédiate du fait que financièrement ce n’est pas possible de supprimer la publicité et le sponsoring à la RTBF, il existe des réflexions et travaux nombreux réalisés par la société civile depuis près de quinze ans (Le Conseil de la Jeunesse, Inter-Environnement, Les équipes populaires, Univers-Santé, et tant d’autres, plus diverses associations préoccupées de l'avenir de notre audiovisuel) qui prouvent le contraire et prônent des financements alternatifs tout-à-fait crédibles et rapidement opérationnels. Ce débat essentiel pour que la situation évolue est occulté sur les antennes mêmes du service public. Ceci est d’autant plus grave que, bientôt, le ministre des médias et le président du conseil d’administration vont négocier le contrat de gestion de la RTBF applicable pendant les cinq prochaines années. C’est maintenant que ce débat devrait se dérouler auprès du public.