Opinions

Agoria est la fédération belge qui défend les intérêts des entreprises de l'industrie technologique.

Pourquoi des constructeurs étrangers sont-ils venus produire une partie de leurs voitures en Belgique ?

Au départ, ils sont venus dans notre pays pour se rapprocher des endroits où ils vendaient leurs véhicules. Le constructeur américain General Motors, par exemple, avait plus facile de venir produire des voitures directement à Anvers que d'en produire aux Etats-Unis et de devoir ensuite les transporter sur notre continent par bateaux, pour pouvoir les vendre.

Pourtant, certains constructeurs quittent la Belgique, à présent...

Désormais, la principale motivation des constructeurs étrangers à venir s'implanter dans un pays est de diminuer leurs coûts. Les patrons des entreprises vont s'installer dans les pays où la production des voitures coûte le moins cher. Par exemple en Europe de l'Est, où les salaires des travailleurs sont beaucoup moins élevés que ceux des Belges.

Y a-t-il alors encore de l'avenir pour l'industrie automobile en Belgique ?

Oui, bien sûr, car la logique de produire des voitures là où on les achète tient toujours. Mais il faut absolument que la Belgique veille à rester la moins chère possible, pour pouvoir rester compétitive face à la concurrence. Car dans le secteur automobile européen, il y a un problème de surcapacité : les usines sont capables de produire beaucoup plus de voitures qu'elles n'en vendent.

Quels sont les points forts de la construction automobile belge ?

Les ouvriers belges ont un degré de professionnalisme assez élevé. Et notre pays offre beaucoup de facilités pour le transport. Son réseau autoroutier est très développé et son réseau ferroviaire est excellent.

Et ses points faibles ?

Les coûts salariaux. Car même si la Belgique a fait beaucoup d'efforts pour les diminuer, au niveau européen, elle se place très mal face à ses voisins néerlandais, allemands et français, qui sont ses principaux concurrents. Les employeurs doivent encore payer une trop grosse partie à l'Etat. Ils ont donc tendance à aller dans un pays où ils doivent payer moins. (O. Mn.)