Opinions

La secrétaire d’Etat à l’asile affirme que 90 % des demandeurs d’asile en Belgique n’ont rien à faire chez nous. Partagez-vous ce constat ?

Elle a raison, parce que malheureusement, les critères ne sont pas très clairs. Heureusement que certaines mesures ont été prises par le précédent gouvernement en affaires courantes. Il est exact que de nombreux demandeurs d’asile n’ont pas à se trouver sur notre territoire. Ils ne sont pas en danger dans leur pays d’origine, ils sont arrivés de pays de l’Union européenne. On est à ce propos le seul des 27 pays à accepter des demandeurs qui viennent de l’Union.

Comment en est-on arrivé là, selon vous ?

Il y a eu trop de laxisme pendant beaucoup trop d’années. Evidemment, maintenant, c’est difficile de resserrer les boulons. Je pense cependant qu’il y a une volonté de l’ensemble des partis de la majorité d’avoir une politique humaine, mais sévère. Il y a des textes importants qui ont été votés, notamment sur le regroupement familial, en mettant des conditions beaucoup plus strictes.

L’instauration d’une liste des "pays sûrs", on la demandait depuis de nombreuses années, et elle va arriver. Les retours volontaires vont être renforcés. Les délinquants qui sont arrêtés seront directement renvoyés dans leur pays d’origine. Je sens donc actuellement une volonté d’être beaucoup plus sévère. On se rend compte qu’il y a déjà une saturation complète de l’accueil.

Si on ne prend pas des dispositions, je ne sais pas où on va mettre les personnes qui arrivent sur notre territoire.

Il y a apparemment un problème particulier de demandeurs d’asile qui viennent dans notre pays pour raisons médicales. Comment le rencontrer ?

Il y a un engagement d’une douzaine de médecins supplémentaires au niveau de l’Office des étrangers pour justement avoir un contrôle plus sévère et qui soit effectif. Avant, il n’y avait aucun contrôle et on nageait alors en plein laxisme.

Quelles solutions concrètes prônez-vous pour contrôler le flux de demandeurs ?

Il faut déjà arrêter de donner cette image qu’en Belgique, c’est le Club Med quand on arrive. Il faut renforcer les coopérations avec les pays qui posent problème, notamment dans les Balkans. Il faut vraiment une communication claire et ferme. Le secrétaire d’Etat précédent, Melchior Wathelet, disait toujours qu’il avait été en mission ici et là mais, manifestement, cela ne marchait pas. Il faut appliquer la liste des "pays sûrs" parce que cela limitera également le nombre de demandeurs. Et il faut renforcer l’application des retours volontaires ou forcés quand il n’y a pas d’autre solution.

Y a-t-il consensus pour aller dans ce sens ?

Lors des récentes négociations gouvernementales, il y avait une volonté commune de l’ensemble des partis. Je veillerai à ce qu’elle donne des résultats. Tout le monde doit faire des efforts budgétaires. Or, voyez ce que cela coûte au niveau de l’accueil. On ne va quand même pas pénaliser les compatriotes pour pouvoir accueillir des demandeurs d’asile qui n’ont pas à être chez nous. Or, pendant tout le temps de la procédure, ils vivent dans un confort que n’ont pas beaucoup de Belges défavorisés : accueil dans des villas, éducation des enfants prise en charge, etc. C’est à cause de cela qu’il y a parfois un sentiment de racisme qui s’installe.