Opinions

Une opinion de Philippe F, un conducteur mécontent

Des espaces, voire des communes entières, en « zone 30 », c’est la nouvelle mode. Le problème, c’est qu’il s’agit de décisions que je qualifierais « d’un vert douteux »!


En effet, on nous répète que, pour consommer moins, il faut se mettre le plus rapidement possible dans le rapport le plus élevé (4e, 5e, 6e, selon la boîte de vitesse). Et qui dit consommation plus élevée, dit pollution plus élevée.

Or rouler à du 30 Km/h, nous oblige à rester en seconde. Pas très rentable.

De plus, si on roule à du 30 Km/h, on pollue durant deux fois plus longtemps qu’à du 60, pour le même trajet. Merci pour les riverains dont « l’heure de pointe » dure deux fois plus longtemps ! Surtout qu’à des vitesses aussi basses, il y a obligatoirement un effet « accordéon », c.à.d. des périodes de bouchons, encore plus polluants.

Si l’on confronte deux cyclistes pour faire un Km par exemple, l’un devant rester dans la première vitesse, l’autre, roulant dans la plus haute. Non seulement le premier arrivera après le second, mais c’est aussi celui qui aura eu le plus chaud, soit celui qui aura consommé le plus d’énergie !

De façon plus technique : si l’on regarde son compte-tours, à un nombre de tours/minute constant, on a le même nombre d’explosions par minute, c.à.d. de réactions d’oxydation d’hydrocarbures, générant une même quantité de CO2 (et d’autres résidus polluants). Or, si je prends à titre d’exemple mon véhicule, si je roule à du 30 Km/h, je suis à 2.000 t/m, en 2e vitesse. Pour garder cet objectif de 2.000 t/m, en 6e je peux rouler à du 80 Km/h.

Et donc, pour un même nombre de tours par minutes (ou par heure, bien sûr), soit je fais 80 Km en une heure (à du 80 Km/h), soit je roule à du 30 Km/h, et j’ai besoin de 2,6 fois plus de temps (2,6 x plus de tours) pour faire ces mêmes 80 Km, et donc je pollue 2,6 fois plus !

Bien sûr, il y a des avantages à rouler à du 30 Km/h : on a le temps de regarder le paysage, les panneaux publicitaires, les jolies filles, ou de faire quelques SMS, mais je doute que cette qualification d’« avantage » soit partagée par tous.

Dans beaucoup de cas le 50 Km/h est déjà vite dépassé, parce que les circonstances de la route sont telles que cette limitation s’apparente plus à une moyenne qu’à un « dangereux maximum » à ne pas dépasser. Dès lors, le 30 Km/h est une limite tellement basse qu’elle est, en fait, le meilleur moyen d’apprendre aux automobilistes à ne pas respecter les limitations de vitesse.

Mais, bien sûr, si les limitations de vitesses étaient raisonnables, on ne flasherait plus suffisamment pour entretenir les caisses de l’État.

Si à cela on ajoute les politiques de suppression de parkings, et que l’on sait que 20% du trafic est consacré à la recherche d’une place de parking, on a, là encore, de quoi gagner 20% de pollution en moins (c’est énorme !)

Certains espèrent ainsi inciter plus de citoyens à utiliser le vélo. Je ne pense pas qu’une politique qui génère volontairement embouteillage et pollution arrivera à en convaincre beaucoup de se lancer dans cette « soupe nauséabonde ».

Quant aux navetteurs, ils ne sont pas masochistes. Vu les embouteillages et les bouchons, Il y a longtemps qu’ils auraient choisi une solution alternative, s’il en existait de satisfaisante !

En conclusion, il me semble que l’on nous indique suffisamment que la planète est en grand danger de réchauffement pour que l’on évite ce genre de décisions. Appel du pied aux partis raisonnables en la matière !