Ripostes Avec la rentrée, les tâches à accomplir s’accumulent. Les livres de développement personnel et les coaches nous livrent le secret d’une organisation efficace: dresser des listes. Sur des post-it ou bien avec des applis numériques, vous êtes très nombreux à faire des to-do-lists. Découvrez  ci-dessous  quelques conseils en la matière, ainsi que quelques-uns de vos témoignages.


Pour combattre le stress de la rentrée, canaliser les mille pensées qui traversent l’esprit - prendre rendez-vous chez le dentiste, acheter du lait, appeler l’oncle Michel… - pendant une réunion professionnelle et éviter les demi-tours fissa sur la route des vacances parce qu’on a oublié le doudou de l’un ou l’autre des gamins, Isabelle Cantarero, qui se présente comme une "maman débordée de deux enfants de 8 et 11 ans", a un truc imparable : les listes. "Parfois, préparer le week-end peut prendre autant de temps que le week-end en lui-même, explique-t-elle. Les listes, c’est un gain d’énergie exceptionnel."

L’auteure de "50 listes pour mamans débordées" (Leduc. S, 2012) préconise d’établir des listes par thème. Celle des affaires à ne pas oublier, avant de partir en week-end par exemple, prendra un peu de temps à réaliser la première fois, mais en fera gagner beaucoup pour chaque départ suivant.

Quand on est parent, les contraintes s’accumulent, impossible de succomber à l’à peu près, explique-t-elle, "on a besoin d’une organisation bien calée pour ne pas que ça dérape". Ainsi, "faire une liste permet de se libérer l’esprit. Une fois la liste écrite, on se déleste d’une charge mentale. On se réfère à cette liste, rédigée la veille au soir, et une fois les objectifs réalisés, on se sent mieux et moins débordé".

"Petit pas par petit pas"

Pour Isabelle Cantarero, les listes doivent contenir des objectifs raisonnables : "L’écueil, ce sont les listes trop ambitieuses, cela nous décourage. Il faut rester réaliste, les journées ne font pas 72 heures."

C’est également l’avis de Sioux Berger, naturopathe, auteure de plusieurs ouvrages sur la sérénité et l’organisation ("Ma to-do list pour rester zen", "Ma to-do list minceur", "Ma to-do list pour bien m’organiser" (Marabout)): "Les jours où on a beaucoup de réunions de travail, il ne faut pas se dire qu’on écrira les cinquante pages du rapport à rendre pour la semaine suivante, les objectifs doivent être concrets, petit pas par petit pas."

"Une liste positive"

Chaque soir, Sioux Berger conseille de noter trois objectifs atteignables, une "liste positive" qui apportera un sentiment de satisfaction une fois les tâches accomplies, contrairement aux "l istes négatives" remplies de choses qu’on reportera sans cesse.

"Il y a des semaines où on a l’impression de n’avoir rien fait. Avec ces listes, on se rend compte qu’on a avancé", ajoute la spécialiste de la zénitude, qui invite à aller à l’essentiel pour ne pas procrastiner. "Il faut déterminer les trois choses les plus cruciales et pas trop larges : si vous écrivez ‘vider le garage’, vous ne le ferez pas et vous vous découragerez, mais si vous notez ‘appeler les encombrants’, ce sera plus facile."

Mais quel est le processus psychologique qui va nous pousser à coucher sur papier la liste des choses à faire ? Simon Orenbach, psychologue et coach, explique qu’à un moment, "il y a une surcharge émotionnelle et une difficulté de pouvoir classer par ordre d’importance les tâches à effectuer. Le cerveau est capable de retenir, d’accumuler, un certain nombre d’infos, et au-delà de ça, il y a une sorte de saturation qui se met en place. Et quand la saturation se met en place, les émotions prennent le dessus. On ne peut plus se focaliser sur ce qui est prioritaire". On fait donc des listes…

"Cela permet de décharger les priorités qui se mettent en place, on les extrait de notre tête… On les met sur papier, poursuit le psychologue. E t puis on est témoin, on est témoin de son action. Comme un témoin de mariage. Noté, c’est fait, reste à l’acter maintenant."

Une question de motivation

C’est souvent là que le bât blesse. Selon notre appel à témoignage sur "lalibre.be", presque tout le monde fait des listes, mais rares sont ceux qui effectuent scrupuleusement les tâches répertoriées. Et le coach de nous conseiller : "Les to-do-lists ne marchent pas toujours. C’est comme les résolutions de fin d’année, il faut le faire, ça tient la route pendant un certain temps, puis on abandonne. Ce qui est important, c’est de mettre en évidence pourquoi chaque point de sa to-do-list est important. C’est comme ça que ça marche. Il ne faut pas que ce soit ressenti comme une obligation, il faut y trouver une motivation personnelle."

Enfin, cette manie de faire des listes ne risque-t-elle pas de virer à l’obsession ? "Ce serait seulement le cas pour des personnes qui ont des traits de personnalité obsessionnels ou des personnes qui se sentent vraiment débordées, rassure Simon Orenbach. Ces personnes verraient alors les tâches qui se rajoutent à la liste comme des prisonniers verraient leur peine rallongée indéfiniment."

Pour tous les autres, comme le dit Sioux Berger, faire des listes, c’est avant tout un moyen de vivre le quotidien avec sérénité.


C’est vous qui le dites

Appel à témoignages. Vous êtes plus de 110 à avoir répondu à notre questionnaire sur "lalibre.be". Une toute grande majorité d’entre vous - 94 % ! - reconnaît dresser des listes-de-trucs-à-faire.

Vos arguments. Si vous êtes aussi nombreux à recourir aux to-do-lists, c’est que cela vous permet de coucher sur papier tout ce à quoi vous pensez, et que cela vous soulage dans votre organisation. Seules deux ou trois personnes estiment que dresser des listes relève de l’obsession.

© IPM

Quelques-unes de vos réactions partagées sur lalibre.be

Eléonore, 25 ans - Oui

Un jour, j’avais collé un post-it sur mon PC avec quelques tâches urgentes à effectuer alors que je travaillais à la maison. Le lendemain, de retour au boulot, j’ai découvert un point supplémentaire à cette liste : "Aimer ton amoureux super fort". Mon homme avait trouvé le post it et y avait rajouté ce point. Depuis j’ai toujours ce post-it collé à mon pc.

Eusèbe, 51 ans - Oui

Ces listes me rassurent et entretiennent mon sentiment de contrôle de la situation. En visualisant les tâches à effectuer, je ne me sens pas submergé par les choses à faire. Je n’y mets pas tout : j’y mets les tâches dont la réalisation, en tout ou en partie (c’est important !) me donnera satisfaction.

Sylvie, 44 ans - Oui

Je fais des listes de courses pour ne rien oublier et, une fois sur deux, j’oublie la liste à la maison ! Mais le fait de l’avoir rédigée (et donc d’avoir fait le tour des armoires, frigo, etc.) donne pour résultat qu’au final, je n’oublie jamais grand-chose (à part la liste…) Pour lister mes tâches professionnelles, je recours à un "bullet journal".

Anne-Sophie, 34 ans - Oui

Avec mon mari, nous partageons un agenda commun. Je voulais indiquer une tâche que je ne voulais pas oublier, mais il s’agissait d’aller lui chercher un petit cadeau pour son anniversaire. C’était bien sûr délicat de l’indiquer dans le calendrier commun. Donc, dans des cas comme celui-là, j’utilise un acronyme pour "coder" la tâche exacte. Par exemple, "faire les courses" devient "FIF" (pour fill in fridge).

Dominique, 42 ans - Oui

J’utilise un agenda électronique. Je synchronise mon agenda privé et mon agenda professionnel, mais je ne pense jamais à rendre invisibles mes rendez-vous privés. C’est pourquoi, mes collègues m’envoient parfois des petits mails du genre : "ça a été le cours d’équitation de ta fille hier ? ou "tu as passé une bonne soirée avec ta copine ?"

Martine, 61 ans - Oui

Dès que j’ai une idée cadeau pour mes proches, dès qu’ils évoquent un souhait, je le note dans un carnet. Cela me permet, le moment venu, de ne pas être le bec dans l’eau.

René, 68 ans - Non

Je ne fais pas de listes-de-trucs-à-faire, car cela relève, selon moi, d’une double obsession : une obsession des choses à faire et une obsession des listes-de-trucs-à-faire. Au final, on culpabilise en voyant ce que l’on aurait dû faire et qui n’a pas été fait.