Ripostes

Les politiques devraient-ils parler anglais ? La primaire du PS en France a révélé des lacunes. En Belgique aussi, la maîtrise de la langue de Shakespeare laisse parfois à désirer.


Dans notre société où tout est instantanément partagé sur les réseaux sociaux, il y a pire que ne pas parler anglais : les erreurs de langage qui décrédibilisent les hommes politiques ”, commente Michel Liégeois, docteur en sciences politiques à l’UCL. Voici quelques mauvais élèves français et belges. Ainsi que deux des personnalités qui tirent leur épingle du jeu.


Les mauvais élèves


Jean-Marie Happart: “Je n’ai rien lu.”

En 2005, le sénateur Jean-Marie Happart signe une convention controversée conclue avec Ecclestone sur l’organisation du Grand Prix de Francorchamps. Il explique n’avoir rien lu “parce c’était en anglais” .


Nicolas Sarkozy: “Sorry for the time.”

En janvier 2010, le président français accueille Hillary Clinton à l’Elysée sous la pluie. Il pointe le ciel et s’excuse pour le temps dramatique, confondant au passage “time” (l’heure) et “weather” (la météo).



Ryanair à André Antoine: “Veuillez vous exprimer en anglais.”

La compagnie irlandaise refuse de répondre à la lettre de l’alors ministre wallon des Transports rédigée en français, pour lui réclamer le remboursement de près de 4 millions d’euros.


François Hollande: “You go to Mars with your special ‘fusée’ ?”

2015, François Hollande demande à un expert dans le domaine spatial, s’il va aller sur Mars avec sa fusée, mais, en anglais, ce dernier mot lui échappe.

 


Elio Di Rupo: “Red Daaiveuls.”


Janvier 2014. Dans son discours au Forum de Davos, l’alors Premier ministre vante nos “Red Daaiveuls” (pour Red Devils, Diables Rouges). Deux mois plus tard, son discours en anglais devant Obama au cimetière militaire de Waregem enflamme à nouveau la Toile. Depuis, ces vidéos ont été supprimées, mais, heureusement pour le bonheur des internautes, il reste sur la toile ce sommet d'absurdité: interpellé en anglais par des passants qui cherchent le Manneken Pis, l'alors Premier leur répond en... flamand.



Benoît Hamon et Manuel Valls

En plein débat, Hamon et Valls ont été collés sur l'anglais. A la question "Do you speak English?", Hamon a très vaguement répondu "Yes" (sans vraiment pouvoir en dire plus...) et Manuel Valls a reconnu des lacunes: "My English is very bad, but I speak well in Spanish" ( Mon anglais est très mauvais mais je parle bien l'espagnol ). L'ex-Premier ministre de François Hollande a d'ailleurs fait une faute dans sa phrase en anglais puisque le "in" était de trop.

 


Les bons élèves


Emmanuel Macron: “It’s not a showstopper.”

Le candidat d’En Marche parle, lui, très bien anglais – quoique avec un fort accent français. Il a notamment placé le mot “showstopper”, se traduisant par “clou du spectacle”, dans une interview accordée à la BBC.

 


Charles Michel: “We are trying to do our best.”

Après les opérations antiterroristes de Verviers en janvier 2015, le Premier ministre, à l’aise, répond à une longue interview en anglais pour CNN. Il fait partie des bons élèves en la matière.

 


Alors, est-ce indispensable pour un homme politique de parler anglais? Consultez nos ripostes