Ripostes Le film de Scott Cooper, qui raconte l'itinéraire d'un ex-capitaine de cavalerie et d'un chef indien à travers les plaines nord-américaines, est perçu de deux façons radicalement différentes.


"Libération" y a vu une forme "d'infamie". "Causeur", un grand film sur la haine. C'est que l'histoire que conte "Hostiles", le western de Scoot Cooper ("Crazy heart", "Les brasiers de la colère"), brasse des thèmes plus qu'actuels : post-colonisation, multiculturalité, racisme, etc.. Bref, un film où chaque scène semble sujette à interprétation.

Comme le remarque Libé, si le pardon entre un ex-capitaine de cavalerie et son pire ennemi (le chef indien) ne pose pas vraiment problème, c'est bien l'entrée en scène d'autres "ennemis" des héros qui interpelle : "Il faut que tout le monde s’aime, déplore le quotidien français. Dès lors, voilà que les péripéties déboulent en kit, sous la forme de plus gros vilains qui s’invitent dans le train-train du parcours - les Comanches entrent en scène." Une distinction bons indiens/mauvais indiens et bons blancs/mauvais blancs qui a fait bondir Libération, qui dénonce "l'odieux scalpage folklorique pour mâcheurs de pop-corn" résultant d'une vision manichéenne de l'Histoire.

Vision noir et blanc

"Causeur", de son côté, salue le réalisme et la subtililité du propos : "C’est lorsque la grande histoire laisse place à la petite que chacun trouve en lui (...) l’énergie de survivre malgré la haine. Ainsi la réconciliation finale ne tombe-t-elle pas du ciel ; elle vient parce que la violence l’a précédée." Et reproche par la même occasion au quotidien français sa vision... manichéeenne du multiculturalisme. "À condition qu’elle n’accapare pas complaisamment toute l’histoire, il y a un certain courage à mettre en scène la haine et à tenter de la comprendre afin de voir en quoi elle peut être dépassée", conclut "Causeur".

La division ne s'arrête pas aux interprétations politiques du film puisque certains ont pu voir dans "Hostiles" "un western grave, majestueux" (Télérama), "qui donne envie de revoir 'Cheyenne Autumn'" (John Ford, 1964) pour La Libre, voire carrément un film "insipide" (Le Soir). Rien qui empêche d'aller se faire un avis soi-même, donc.