Ripostes

Quelles sont les raisons pour lesquelles il y a autant de chômeurs en Belgique ?

Fondamentalement, parce qu’on manque d’emplois. Si on compare avec les autres pays, ce n’est pas le niveau de chômage qui est anormalement élevé. Il n’a pas beaucoup augmenté avec la crise. Nous ne sommes pas à des niveaux supérieurs à ce qu’ils étaient avant la crise. La raison pour laquelle la situation est acceptable en Belgique, c’est parce que nous avons recouru à du chômage partiel et qu’il y a des protections en termes de préavis. La combinaison entre ces deux éléments explique pourquoi nous avons été relativement mieux protégés que les autres pays.

Mais pour ce qui est du chômage de longue durée ?

La question n’est pas seulement celle du chômage, c’est celle des emplois auxquels les chômeurs peuvent avoir accès. Ce sont des emplois de courte durée et de piètres conditions de travail. Bref, il s’agit de possibilités très pauvres alors que les niveaux d’indemnisation en Belgique sont pourtant très bas.

Quand la nouvelle ministre de l’Emploi, dans une interview qu’elle a accordée à “La Libre”, dit qu’il y a du travail pour tout le monde, cela vous inspire quoi ?

C’est faux. En mesurant les offres d’emploi non satisfaites en fin de mois par rapport au nombre de chômeurs, c’est très peu. Quelques milliers d’offres d’emploi non satisfaites ne correspondent pas à l’attente de dizaines de milliers de chômeurs. Tout cela fait que dans la situation actuelle, il n’y a pas un nombre suffisant d’emplois pour absorber les chômeurs mais aussi d’autres personnes inactives qui veulent travailler et ne sont pas indemnisées.

L’ensemble des chômeurs sont-ils potentiellement réintégrables sur le marché du travail ?

Globalement, oui. Il y a toujours des inadéquations des offres et des demandes. Il n’en reste pas moins que, contrairement à ce qu’on dit, lorsqu’il y a des emplois qui se créent, ce sont souvent des emplois pour des publics non qualifiés. Ce n’est donc pas pour des personnes qui ont un niveau d’instruction élevé. Le niveau de formation dans le pays a beaucoup augmenté. Ce qui fait que les personnes ayant un diplôme élevé acceptent des emplois de niveau inférieur.

Certains affirment qu’il exist/I>

La fraude en matière de travail au noir est pour l’essentiel le fait des travailleurs au clair. Des personnes qui ont un emploi, qui paient leur sécurité sociale, mais qui en plus exercent un autre travail qui, lui, est au noir. Par exemple, en heures supplémentaires non déclarées. Donc, il ne faut pas focaliser sur les chômeurs qui sont en très faible quantité parce qu’ils sont très contrôlés.

La ministre de l’Emploi fait un certain nombre de propositions pour activer davantage la mise au travail. Qu’en pensez-vous ?

Je ne pense pas que des mesures supplémentaires doivent être prises en matière d’accompagnement et de contrôle plus intensif des chômeurs. Les accompagnateurs fonctionnent en effet sur des protocoles très standardisés, peu adaptés à chacun des chômeurs. Il faudrait mieux les adapter.