Ripostes

Parmi les nouvelles vagues sur lesquelles les pros de l’immobilier doivent surfer figure la reconquête de la flore sur la brique aux étages et sur les toits des immeubles. Pourquoi, dès lors, continuer à construire sur des espaces verts emblématiques ? Jardiniers et paysagistes s’inquiètent.

OUI- Martin Hamoir, pour le Tuiniers Forum des Jardiniers: " Nous, le Forum des potagistes, dénonçons la bétonisation des jardins, potagers, terres agricoles et espaces ouverts de la Région de Bruxelles-Capitale, sans lesquels on ne peut pas (sur)vivre ."

NON- Jo De Witte, porte-parole du ministre-Président bruxellois, Rudy Vervoort: " Le gouvernement a prévu d’augmenter considérablement les espaces verts à Bruxelles, et de les répartir harmonieusement au profit de tous. Plus de 30 hectares de verdure supplémentaires sont en chantier. "

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Histoires singulières de villes et de parcs

New York (USA). Créé à la demande des New-Yorkais, Central Park fut inauguré à la fin du XIXe siècle sur une ancienne friche recouverte de marécages et de rochers. Près de 200 000 personnes participèrent au chantier qui dura 19 années et quelque 500 000 arbres furent plantés. Ce poumon vert s’étale sur 341 hectares au pied des gratte-ciel de Manhattan. Après un passage à vide, ce sont les riverains qui prirent les choses en main dans les années 1970. Réunis au sein d’une association de quartier, ils ramenèrent la sécurité dans leur lieu dont, avec des bénévoles, ils assurèrent aussi la rénovation.

Lagos (Nigeria). Les autorités ont choisi d’exploiter tous les petits espaces disponibles dans ce vaste chaos urbain abritant pas moins de 20 millions d’âmes. Durant la longue période de dictature, tous les parcs ont été avalés par les projets immobiliers. Mais, depuis le retour à la démocratie en 1999, pas moins de 80 microparcs ont refait leur apparition. Parmi les plus originaux : le rond-point Falomo , cercle de verdure situé au milieu d’un des carrefours les plus fréquentés de la ville.

Genève (Suisse). Sans conteste l’une des villes les plus vertes d’Europe, avec 310 hectares de parcs et 428 000 plantes dont 40 000 rosiers renommés partiellement plantés, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, par des soldats fraîchement démobilisés. La nature représente un cinquième de sa superficie.

Seraing (Belgique). La commune qui vient de revoir entièrement sa politique en matière d’espaces verts compte aujourd’hui une quarantaine de parcs. Dans le cadre de son plan "Master parc", une vingtaine d’entre eux seront réaménagés et connectés entre eux par des voies vertes dans les trois ans. Objectif : que chaque Sérésien puisse profiter d’un parc public vert à moins de 10 minutes à pied de chez lui. Originalité : des animateurs de parcs seront également engagés qui n’en seront pas seulement les gardiens mais organiseront des activités visant à créer du lien.

Ljubljana (Slovénie). C’est grâce à ses espaces verts que la ville a été nommée capitale européenne verte en 2014. En trois ans, plus de 2 000 arbres supplémentaires y ont été plantés et trois nouveaux parcs pesant ensemble 40 hectares y ont été créés.

Montpellier (France). Dès 2004, la municipalité a lancé une première opération de location de parcelles de jardin pour les habitants. Dépassée par son succès, il lui a fallu multiplier les offres. Là, elle compte 741 hectares d’espaces verts publics caractérisés par ses faune et flore superbement préservées.