Ripostes

Le Syndicat national des propriétaires remonte au créneau avec une vieille idée. Les arriérés de loyers prennent beaucoup trop de poids, d'après les bailleurs. En cause, de mauvais payeurs récidivistes. Fichage à la Centrale des crédits envisagé.


POUR - Olivier Hamal, Président du Syndicat national des propriétaires:

"Il faut distinguer les personnes de bonne foi qui, cela peut arriver, ont des difficultés pour payer un loyer, et celles qui en font un vrai sport. C’est pourquoi un projet est sur les rails pour sanctionner la grivèlerie locative."


CONTRE - José Garcia, Secrétaire général du Syndicat des locataires:

"Il existe déjà des outils juridiques pour contraindre les locataires à payer leur loyer. La solution envisagée par le Syndicat des propriétaires est donc superflue. Sans compter qu’elle risque de faire pire que bien."

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Des arnaques qui pourrissent le secteur: "Il y a de plus en plus d’histoires de ce genre"

Guillaume Pinte est administrateur-délégué de l’agence immobilière L’Office des propriétaires (active notamment dans la gestion de patrimoine immobilier et la location de biens à Bruxelles). "Même si elles ne sont pas la majorité, j’entends beaucoup d’histoires de ce genre : des gens louent un appartement en sachant que, d’ici 7, 8 mois, ou un an, ils seront expulsés. Entre-temps, ils auront loué un autre logement, etc. Et ils passent ainsi d’un logement à un autre." Et d’ajouter : "Je trouve normal que les propriétaires cherchent à se protéger." Pour le professionnel, tout le problème de la protection à mettre en place concerne qui a l’autorisation d’inscrire quelqu’un sur une liste comme étant volontairement défaillant. "Ce doit être une autorité impartiale. Une décision de justice de paix pourrait être un critère d’inscription." La situation a-t-elle tendance à empirer ? "Elle devient intenable pour certains. Avant, l’arnaque était anecdotique. Ce n’est plus le cas. Et même les propriétaires qui obtiennent raison en justice de paix ont du mal à récupérer l’argent qui leur est dû et finissent parfois par abandonner." Evoquant la difficulté d’être prudent dans l’état actuel des choses, il suggère : " La bonne idée serait d’instaurer le dossier de location comme en France. Là, au moins, tout est officiellement vérifié alors que chez nous toute recherche de renseignement reste interdite."


Témoigage d'un propriétaire bruxellois

Une première fois il y a plusieurs années, puis une seconde fois l’année passée, ses locataires en défaut de paiement ont été invités à quitter le bien, puis été déclarés insolvables dans la foulée. "Je suis très sensible aux problèmes que connaissent certaines familles pour se loger. J’y prête attention lors de mes choix, et je ne voudrais pas que ceux-ci empirent du fait d’une réglementation exagérée. Néanmoins, victime par deux fois de locataires indélicats qui laissent une ardoise irrécupérable de plusieurs milliers d’euros, je considère que les propriétaires sont trop peu protégés aujourd’hui. Comment trouver la juste mesure ?"