Ripostes

Le projet de décret "Cultes" commencera à être examiné la semaine prochaine par le Parlement wallon. Objectif : lutter contre la radicalisation via une procédure de reconnaissance des lieux où se pratiquent les différentes religions, basée sur une série d’obligations.

Cependant, un des dispositifs envisagés suscite un certain émoi dans la communauté catholique. Parmi les obligations des établissements chargés de la gestion du temporel des cultes reconnus figure, à l’article 10, "un serment obligatoire pour les membres des organes de gestion dont les Ministres des cultes". Un serment qui devrait être prêté soit entre les mains du bourgmestre local, pour les établissements financés au niveau communal, soit entre les mains du président provincial, pour les établissements financés au niveau provincial.

Ce serment porterait sur le respect de la Constitution, la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et l’ensemble des législations existantes. Il prévoit aussi l’obligation "de ne pas collaborer à des actes contraires" aux textes précités et "de déployer les efforts nécessaires à ce que la communauté cultuelle locale, en ce compris l’ensemble de ses membres, ne soit pas associée à des propos ou à des actes contraires" à ces textes.

En dernière minute, nous apprenons que le gouvernement a accepté de transformer le "serment", dénoncé notamment par plusieurs élus CDH, en une "déclaration sur l’honneur". Ce qui ne change pas grand-chose pour ceux qui s’y opposent.

Pierre-Yves Dermagne (PS), le ministre des Pouvoirs locaux, contacté via son attaché de presse, n’a pas désiré commenter.

Alors, les prêtres doivent-ils jurer de respecter la loi?


Oui - Nadia Geerts, auteure, philosophe, enseignante et militante laïque belge:

"Même si ce type de mesures peut être inspiré par un problème particulier qu’on connaîtrait aujourd’hui davantage avec l’islam qu’avec une autre religion, cela ne fait jamais de tort de rappeler à toutes les religions quels sont les principes fondamentaux."


Non - Raphaël Collinet, vicaire épiscopal (Liège):

"L’autonomie des cultes implique une liberté de propos face à l’agir politique. Ils doivent pouvoir s’opposer aux lois existantes. Une religion qui serait simplement adaptée à ce que souhaite le gouvernement ne serait plus ni respectable, ni respectée."


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