Attentat à Londres contre des fidèles musulmans: ce que l'on sait

Publié le à Londres (AFP)

Un véhicule a foncé sur la foule près d'une mosquée du nord de Londres dans la nuit de dimanche à lundi, une attaque traitée comme un "acte terroriste".

Voici ce que l'on sait:

Les faits:

Un homme à bord d'une camionnette blanche fonce sur une foule de fidèles musulmans qui sortent de la mosquée de Finsbury Park, dans le nord-est de Londres, après une prière dans le cadre du ramadan, peu après minuit.

L'assaillant est maîtrisé par des personnes sur place, immobilisé puis arrêté par la police, appelée juste après 00H20 (23H20 GMT).

Le maire de Londres Sadiq Khan dénonce immédiatement une "attaque terroriste" et la police traite l'attaque comme un "acte terroriste".

Le suspect

L'assaillant est un homme âgé de 48 ans.

D'après un témoin interrogé par la BBC, Khalid Amin, l'assaillant aurait hurlé "Tous les musulmans! Je veux tuer tous les musulmans!"

Il a été amené à l'hôpital où il doit subir des examens pour évaluer sa santé mentale, selon la police, qui n'a pour l'heure identifié aucun autre suspect dans cette attaque.

Combien de victimes?

L'attaque a fait 10 blessés, dont 8 sont hospitalisés et 2 ont été traités sur place.

Un homme qui selon des témoins recevait des soins sur place pour un malaise avant que l'attaque ne se produise est décédé, et la police doit encore établir si son décès est dû à l'attaque, selon Neil Basu, un responsable de l'anti-terrorisme.

Toutes les victimes font partie de la communauté musulmane.

Le lieu:

La mosquée de Finsbury Park était connue, au début des années 2000, pour être un haut lieu des militants islamistes de Londres qui venaient écouter les prêches enflammés d'Abou Hamza. Ce prêcheur d'origine égyptienne a été condamné à la prison à perpétuité en janvier 2015 aux Etats-Unis pour onze chefs d'inculpation liés à une prise d'otages et pour terrorisme.

La direction de la mosquée a depuis changé mais des lettres de menaces avaient été reçues après les attentats à Paris en novembre 2015. La mosquée a condamné cette "attaque terroriste haineuse" dans un communiqué.

Les réactions:

La Première ministre Theresa May a tenu une réunion d'urgence du gouvernement et a promis de combattre le terrorisme "quel que soit le responsable".

Le maire musulman de Londres, Sadiq Khan, a dénoncé une "attaque terroriste horrible" qui a visé "délibérément d'innocents Londoniens dont beaucoup qui finissaient de prier en ce mois saint de ramadan".

Le Conseil musulman du Royaume-Uni (MCB), organisation représentative des musulmans britanniques, a déploré que "ces dernières semaines et mois, les musulmans ont enduré beaucoup d'actes d'islamophobie".

Le contexte:

L'attaque intervient dans un contexte de redoublement des actes racistes. Selon le maire de Londres, les attaques contres les musulmans ont été multipliées par 5 depuis l'attentat du 3 juin et les incidents racistes ont augmenté de 40% dans Londres.

La Grande-Bretagne a été visée par 3 attentats revendiqués par le groupe Etat islamique (EI) ces trois derniers mois.

Dans la nuit du 3 au 4 juin, trois assaillants à bord d'une camionnette ont foncé sur la foule sur le London Bridge, puis poignardé plusieurs personnes à Borough Market, tuant 8 personnes, avant d'être abattus par la police.

Le 22 mai à Manchester, un attentat-suicide avait fait 22 morts et une centaine de blessés à la sortie d'un concert de la pop-star américaine Ariana Grande.

Le 22 mars, Khalid Masood, Britannique de 52 ans converti à l'islam et connu des services de police, avait fauché des piétons en lançant sa voiture sur le trottoir du pont de Westminster dans le centre de Londres, avant de poignarder à mort un policier devant le Parlement, faisant 5 morts.

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