Haïm Korsia, grand rabbin patriote et attaché au dialogue interreligieux

Publié le à Paris (AFP)

Haïm Korsia, 50 ans, élu dimanche grand rabbin de France, aumônier militaire durant de longues années, est un orthodoxe très attaché au dialogue de la communauté juive avec les institutions républicaines et les autres religions.

Né à Lyon le 27 septembre 1963, ce sépharade est sorti du Séminaire israélite de France en 1985, avant d'être nommé rabbin de Reims et sa région trois ans plus tard.

Il a rapidement occupé d'importantes fonctions au Consistoire central, notamment comme collaborateur (1993-2004) du grand rabbin Joseph Sitruk et secrétaire général de l'Association des rabbins de France (1999-2010).

Surtout, à partir de 2000, Haïm Korsia a été aumônier général israélite de l'armée de l'air, où il a puisé son credo ("Unis pour faire face"), puis a assumé cette même responsabilité à la tête de toutes les armées, de 2007 à aujourd'hui. Ses fonctions l'ont amené à côtoyer non seulement les autorités, auprès desquelles il est bien introduit, mais aussi les aumôniers d'autres confessions. Et ainsi à nourrir son intérêt pour le dialogue interreligieux, résumé dans un livre cosigné en 2011 avec le catholique Alain de La Morandais et le musulman Malek Chebel ("Les Enfants d'Abraham", aux Presses de la Renaissance).

Sur le plan doctrinaire, Haïm Korsia, rabbin à la barbe courte, marié et père de cinq enfants, se dit sur la même ligne que la plupart des rabbins consistoriaux, "adossés à la loi religieuse" (la "halakha"), tout en offrant un profil d'orthodoxe relativement moderne, notamment sur la question de la place de la femme.

Ce petit homme discret et affable, décrit à la fois comme diplomate et très tenace, accumule les diplômes - sujet sensible depuis la démission de Gilles Bernheim: un MBA à Reims, un DEA en Sorbonne et enfin, comme il l'a rappelé dimanche dans un petit sourire, un doctorat d'histoire contemporaine à Poitiers. Celui-ci était consacré à la "Vie du grand rabbin Kaplan", figure mythique et très républicaine du Consistoire, une institution dont Haïm Korsia a indiqué dimanche vouloir "réenchanter la devise" : "Religion et patrie".

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