Irma: après Saint-Martin, Macron au chevet de Saint-Barthélemy

Publié le à Marigot (AFP)

Après Saint-Martin mardi, Emmanuel Macron s'est rendu mercredi au chevet de Saint-Barthélemy avec là encore pour priorité affichée le "retour à la normale" pour les deux îles antillaises ravagées par l'ouragan Irma.

Alors qu'il a défendu sur place l'action de son gouvernement, les Français sont partagés sur la gestion de l'ouragan Irma par les pouvoirs publics, 52% d'entre eux estimant que la situation a été gérée "du mieux possible", contre 47% d'un avis contraire, selon un sondage Elabe diffusé mercredi.

Emmanuel Macron est arrivé en hélicoptère vers 09H40 du matin (heure locale) à Saint-Barthélemy, un peu moins dévastée que sa voisine Saint-Martin, mais frappée aussi par le manque d'eau et d'électricité.

Dans cette petite île (9.000 habitants), connue pour ses villas de milliardaires, le président, en bras de chemise, s'est rendu, selon les images diffusées par la collectivité de Saint-Barth sur Twitter, dans la cellule opérationnelle technique mise en place à l'aéroport, où les vols commerciaux ont repris.

Il a notamment annoncé qu'un mécanisme d'aide financière d'urgence serait mis en place "d'ici lundi prochain" pour les sinistrés "qui ont tout perdu", et les salariés au chômage technique.

Le chef de l'Etat était la veille à Saint-Martin où il a passé la nuit. Il a participé dans la soirée à une patrouille des forces de l'ordre et plaidé pour un désarmement de l'île, déplorant qu'il y ait "autant d'armes en circulation".

Il a dénoncé les pillages commis juste après l'ouragan, des "débordements inacceptables", et annoncé que 3.000 forces de l'ordre seraient déployées "d'ici la fin de la semaine" sur cette île qui comptait 35.000 habitants avant le passage de l'ouragan.

Le président était venu "pour rassurer, consoler et entendre la colère" des habitants, encore palpable, près d'une semaine après l'ouragan qui a fait 11 morts à Saint-Martin.

- Retour "avant un an"-

"Pour moi de l'extérieur, et je ne suis peut-être pas la seule, vous êtes sur une tour d'ivoire et vous descendez de temps en temps", lui a déclaré mardi une résidente de Grand-Case, selon des images mises en ligne mercredi sur Twitter par un journaliste de Radio France. Emmanuel Macron s'est engagé auprès d'elle à revenir sur l'île, si possible, "avant un an".

Défendant l'action du gouvernement, M. Macron a affirmé que l'exécutif avait "répondu dès que l'information a été donnée". Il s'est dit "favorable" à une commission d'enquête parlementaire, "mais au bon moment".

Comme d'autres membres de l'opposition avant lui, Laurent Wauquiez, vice-président des Républicains (LR), a dénoncé mercredi "six jours de manquements" de l'Etat, qui n'a "pas été à la hauteur".

"Si le moment venu, le Parlement veut poser des questions, nous y répondrons, totalement, complètement et j'ai hâte de pouvoir le faire", a rétorqué Edouard Philippe, "extrêmement fier de la réaction des services de l'Etat".

A Saint-Martin, le ressenti est tout autre: "On n'était pas comme ça après Luis (ouragan de 1995), c'est lamentable", a souligné à l'AFP Nicaise Jasaron, 32 ans. "Une semaine après l'ouragan, on nous donne une bouteille d'eau, c'est avec ça qu'on va se laver", a-t-elle déploré.

M. Macron a promis la reprise de la distribution d'eau potable "à partir du 20 (septembre)", mais en "quantité moins importante" qu'avant l'ouragan, et la reprise de l'électricité "d'ici la fin de semaine dans tous les points sensibles".

Il a aussi souhaité que certaines écoles ouvrent "dès la semaine prochaine, même pour quelques heures", dans des "tentes gonflables", avant un retour à la normale "d'ici la Toussaint".

Sur le plan sanitaire, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a assuré que tous les blessés graves (sept dont deux en urgence absolue) dénombrés à Saint-Martin et Saint-Barthélemy étaient "sortis d'affaire".

- 'Bousculer les normes' -

Les rotations aériennes et maritimes se poursuivaient mercredi pour apporter vivres et fret et évacuer les sinistrés qui le souhaitent.

Des distributions alimentaires ont lieu, parfois dans la douleur. "J'ai faim et j'ai soif", a lâché mardi une femme enceinte en larmes, se jetant sur une bouteille et un paquet d'amandes à un point de ravitaillement d'urgence à Marigot.

Le BPC Tonnerre, un bâtiment de la Marine nationale, a appareillé mercredi depuis Toulon pour déployer aux Antilles "des capacités de reconstruction d'urgence", avec notamment 116 véhicules et 1.000 tonnes de matériel, a annoncé la préfecture maritime.

Irma a fait aussi quatre mort dans la partie néerlandaise. Au total, 27 personnes sont mortes dans les Caraïbes, dix à Cuba et douze en Floride.

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