Irma: Donald Trump attendu en Floride au chevet des victimes

Publié le à Miami (AFP)

Donald Trump est attendu jeudi en Floride au chevet des victimes de la tempête Irma, dans un "Sunshine State" endeuillé mercredi par l'annonce de la mort de huit pensionnaires d'une maison de retraite, vraisemblablement en raison de l'absence d'électricité.

La mort de ces personnes âgées porte à 20 le nombre de décès liés au passage d'Irma en Floride. L'ouragan a fait au moins 41 autres morts aux Caraïbes, dont 10 à Cuba.

Le président américain, son épouse Melania et le vice-président Mike Pence, sont attendus sur la côte ouest de la Floride, zone la plus touchée par la tempête. Après une réunion à Fort Myers sur les secours mis en oeuvre, ils se rendront à Naples à la rencontre de victimes, selon la Maison Blanche.

Donald Trump a annoncé dès dimanche qu'il se rendrait dans l'Etat sinistré, comme il l'avait fait au Texas, confronté fin août à des inondations historiques provoquées par l'ouragan Harvey.

Avant lui, plusieurs dirigeants européens sont venus au chevet des victimes, constater les dégâts et promettre des fonds pour la reconstruction des îles antillaises dévastées par le passage d'Irma: le président français Emmanuel Macron à Saint-Martin et Saint-Barthélemy, où Irma a fait 10 morts, le roi des Pays-Bas Willem-Alexander dans la partie néerlandaise de Saint-Martin (4 morts) ou encore le ministre britannique des Affaires étrangères Boris Johnson dans les îles Vierges (9 morts).

En Floride, le autorités estiment que la mort de 8 pensionnaires d'une maison de retraite à Hollywood, âgés de 70 à 99 ans, "semble liée à l'absence d'électricité pendant la tempête" et donc d'air conditionné, a déclaré le chef de la police d'Hollywood Tomas Sanchez lors d'une conférence de presse.

D'autant qu'avec le retour du ciel bleu, la Floride est accablée par une touffeur humide de plus de 30 degrés.

Les quelque 115 autre pensionnaires de la maison de retraite ont été hospitalisés, certains souffrant de déshydratation ou détresse respiratoire.

"Cette situation est inimaginable" a tonné le gouverneur de Floride, Rick Scott. "S'il résulte que des personnes n'ont pas agi dans le meilleur intérêt des patients, nous les tiendrons pour responsables dans toute la mesure permise par la loi", a-t-il promis. Des enquêtes judiciaire et administrative ont été ouvertes.

Plus de quatre millions de foyers et entreprises étaient toujours sans électricité mercredi dans cet Etat où vit un grand nombre de retraités.

Partout dans le sillage d'Irma, jusqu'en Géorgie et en Caroline du Sud, autorités et résidents s'attelaient à dégager les gravats accumulés sur les routes, dans les rues et les propriétés.

"Le plus dur c'est de ne plus avoir ni eau, ni électricité. Et ne pas savoir quand ça va revenir", a confié à l'AFP, Stasia Walsh, une septuagénaire de Naples dont le lotissement a été gravement endommagé.

"Ça a été violent. C'est le genre de situation où vous vous demandez si vous allez vous en sortir", a pour sa part témoigné Daniel Drum, 67 ans, habitant de Cudjoe Key, une des îles de l'archipel des Keys.

Si Daniel Drum est resté chez lui pendant le passage d'Irma, d'autres on évacué et commençaient à revenir mercredi dans l'archipel après la réouverture de la route conduisant à Key West, située à l'extrémité du chapelet d'îles où 85% des habitations sont détruites ou endommagées, selon l'agence fédérale de secours (Fema).

Des équipes de secours distribuaient dans la petite ville de la nourriture aux habitants, qui formaient de longues files dans les rues.

"Cela va prendre des mois, peut-être des années, pour nettoyer tout ça", a prédit Bryan Holley, un résident interrogé par la chaîne NBC.

De l'autre côté du détroit de Floride, Cuba pansait elle aussi ses plaies et s'inquiétaient pour les secteurs de l'agriculture, du tourisme et de l'habitat, fortement impactés par l'ouragan le plus puissant ayant frappé l'île depuis 1932.

A Miami, l'aéroport de la ville, qui a pourtant échappé au pire de l'ouragan, ne fonctionnait encore qu'à 50% de ses capacités mercredi.

Comme souvent aux Etats-Unis après les catastrophes, plusieurs dizaines de célébrités ont participé mardi soir à un téléthon destiné aux victimes des ouragans Harvey et Irma, permettant de lever 44 millions de dollars.

Ce téléthon auquel ont participé le chanteur Justin Bieber, les acteurs George Clooney, Robert de Niro ou Julia Roberts a aussi donné lieu à quelques diatribes contre le président Donald Trump et son refus de reconnaître la réalité du changement climatique.

"Quiconque croit que le réchauffement climatique n'existe pas doit être aveugle ou idiot", a lancé le chanteur non-voyant Stevie Wonder.

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