La rébellion rohingya: l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan

Publié le à Rangoun (AFP)

L'émergence d'une rébellion rohingya dans le nord-ouest de la Birmanie remonte à quelques mois avec la création de l'Armée du salut des Rohingyas de l'Arakan (ARSA).

Qui sont-ils?

Malgré des décennies de restrictions et de persécutions en Birmanie, où leur communauté est marginalisée et considérée comme étrangère, les Rohingyas n'avaient jamais recouru à la lutte armée.

Mais la donne a changé en octobre 2016 avec l'émergence de cette rébellion organisée qui projette le conflit en Etat Rakhine dans une nouvelle dimension, selon les experts.

Le visage le plus connu de l'ARSA - appelée localement Harakah al-Yaqin ("Mouvement de la foi" en arabe) - est le commandant Ata Ullah, qui apparaît sur les vidéos de revendications, notamment diffusées sur Twitter.

Selon International Crisis Group, Ata Ullah est issu de l'une des familles de Rohingyas émigrés en Arabie saoudite.

Ces Rohingyas émigrés ont orchestré selon ICG la montée en puissance de l'ARSA depuis les émeutes anti-musulmans de 2012 en Birmanie.

D'après les saisies de l'armée, ils resteraient grossièrement équipés, détenant surtout des couteaux et des machettes, et seraient encore peu nombreux.

Que veulent-ils?

L'ASRA dit se battre pour défendre les Rohingyas contre les exactions des militaires et de la communauté bouddhiste, qui selon elle cherchent à se débarrasser des Rohingyas dans cette région.

Et pour l'heure l'ARSA dément tout lien avec les jihadistes internationaux même si le groupe a parfois utilisé dans ses vidéos la rhétorique des groupes islamistes.

De son côté, le gouvernement birman considère qu'il s'agit d'une organisation terroriste et les accuse de commettre des atrocités contre les populations civiles, aussi bien rohingyas que d'autres communautés.

Leurs actions

En octobre 2016, l'ASRA avait lancé des assauts coordonnés contre des postes de police, entraînant une réaction violente de l'armée birmane.

Le même schéma s'est répété fin août mais cette fois-ci l'ARSA a paru mieux organisée et a déployé davantage d'hommes, ce qui lui a permis de lancer davantage d'actions.

Depuis octobre, l'ARSA a été accusée, y compris par des Rohingyas d'avoir attaqué et tué de nombreuses personnes soupçonnées d'être liées aux autorités birmanes.

Les experts estiment que ces attaques sont une façon d'attirer l'attention de la communauté internationale sur le sort des Rohingyas.

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