Le rugby français K.-O. debout après le décès d'un jeune joueur d'Aurillac

Publié le à Paris (AFP)

Le rugby français s'est réveillé sous le choc, samedi, après le décès du jeune joueur d'Aurillac Louis Fajfrowski, 21 ans, à la suite d'un choc subi au cours d'un match amical.

Le jeune trois-quarts centre est décédé vendredi soir après un malaise dans les vestiaires du stade Jean-Alric, a annoncé le club de Pro D2 sur Twitter, faisant part de sa douleur et adressant ses condoléances à sa famille.

Selon le récit du journal La Montagne, le joueur, titulaire au centre de l'attaque, était sorti du terrain en seconde période (60e) du match contre le club de Rodez après avoir été victime d'un plaquage.

Sonné, il avait pu se relever avec l'aide des soigneurs avant de se rendre par ses propres moyens aux vestiaires, accompagné d'un médecin.

Dans les vestiaires, il a alors perdu connaissance à plusieurs reprises. Pris en charge par le service médical et les secours arrivés sur place, il n'a pas pu être ranimé, toujours selon la même source. Il est décédé vers 20 heures.

A l'annonce de son décès, les témoignages se sont multipliés pour rendre hommage au joueur.

Sur Twitter, Bernard Laporte, le président de la Fédération française de rugby (FFR), s'est dit "effondré". Plusieurs clubs, comme le RC Toulon, le Racing 92 ou le Stade Français, ont également adressé leurs condoléances aux proches de Louis Fajfrowski. Le vice-président de la FFR Serge Simon a lui fait part de son "immense tristesse", tandis que des photos du jeune joueur souriant sont apparues sur les réseaux sociaux.

Le syndicat des joueurs professionnels du rugby français, Provale, a par ailleurs indiqué qu'une cellule d'aide psychologique allait être mise en place "pour accompagner toutes les personnes touchées par ce drame".

- Protocoles plus stricts -

Il est trop tôt pour établir un lien entre le choc survenu sur le terrain et le décès brutal du joueur de 21 ans, précise La Montagne, mais ces dernières années, les préoccupations sont allées croissant sur l'impact des commotions cérébrales dans le rugby.

Des protocoles plus stricts ont été mis en place pour tenter d'empêcher les joueurs de reprendre le jeu trop vite quand ils ont subi de tels chocs.

En janvier dernier, l'impressionnant K.-O. subi par le jeune Clermontois Samuel Ezeala, pour son premier match de Top 14, avait déjà suscité une très forte émotion.

Ezeala avait perdu connaissance après avoir heurté tête la première son vis-à-vis du Racing 92 Virimi Vakatawa lancé à pleine vitesse.

Les images de ce choc et des draps tendus par le personnel médical pour cacher les détails de l'intervention avaient largement impressionné.

Le joueur a depuis repris une vie normale, ne présentant selon lui plus aucun signe de commotion. "C'est tant mieux, mais la prochaine fois, (un décès) pourrait arriver", avait alors averti Jean Chazal, neurochirurgien au CHU de Clermont-Ferrand, qui avait participé aux travaux de réflexion médicale de la FFR et de la Ligue avant d'en être écarté début juillet.

Quelques mois auparavant, après une phase finale de Top 14 marquée par la violence des chocs, ce professeur avait déjà tiré la sonnette d'alarme, disant craindre un décès sur les terrains.

Le monde du rugby prend peu à peu conscience de la dangerosité du sport, même si cette prise de conscience n'est pas la même pour tout le monde. Bernard Laporte lui-même avait estimé à l'époque que le K.-O. d'Ezeala était un événement "malencontreux".

Louis Fajfrowski avait rejoint le Stade Aurillacois en 2015 après avoir évolué pendant trois saisons chez les jeunes du Montpellier Hérault Rugby. Il comptait une vingtaine de matches en Pro D2 au cours des deux dernières saisons.

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