Le Sommet des Amériques dominé par les inquiétudes sur la Syrie et le Venezuela

Publié le à Lima (Pérou) (AFP)

Les frappes occidentales en Syrie et la crise politique au Venezuela ont accaparé samedi l'attention des dirigeants réunis au Sommet des Amériques à Lima.

En ciblant durant la nuit le régime de Bachar al-Assad qu'ils accusent d'une attaque chimique le 7 avril, les Etats-Unis ont envoyé "un message clair au régime syrien", a défendu le vice-président américain Mike Pence lors de la session plénière du Sommet.

"Nous n'accepterons pas ces attaques barbares, ni maintenant, ni jamais", a-t-il martelé face à la quinzaine de chefs d'Etat de la région réunis à Lima.

Représentant Donald Trump, qui a renoncé au voyage pour se consacrer à la crise syrienne, Mike Pence a multiplié samedi les entretiens bilatéraux avec les dirigeants du continent, où ces attaques menées conjointement avec la France et le Royaume-Uni ne font pas l'unanimité.

Traditionnellement critiques envers Washington, la Bolivie, Cuba et le Venezuela se sont montrés les plus virulents.

Le président bolivien Evo Morales a dénoncé "l'attaque irréfléchie de Trump contre le peuple frère de Syrie" et Cuba a estimé que cette "attaque atroce" "constitue une violation d'un Etat souverain, qui aggrave le conflit". Enfin, Caracas a fustigé une attaque "impitoyable et injustifiée".

- 'Appel à la paix' -

Mais d'autres pays de la région ont surtout appelé à la prudence, comme le président brésilien Michel Temer qui a exprimé sa "profonde préoccupation face à l'escalade du conflit militaire en Syrie".

"Maintenant, c'est le moment de trouver des solutions durables, fondées sur le droit international, pour une guerre qui dure trop longtemps, avec un coût humain élevé", a-t-il plaidé.

Son homologue mexicain Enrique Peña Nieto a dénoncé les attaques chimiques, demandant la fin du recours à "ces instruments aux conséquences si cruelles" "à travers le droit international".

"Nous soutiendrons toujours les actions pour punir son usage et chercher son éradication, mais nous lançons aussi un appel à la paix", a dit le président colombien Juan Manuel Santos.

La veille, Mike Pence avait pris position sur l'autre grande préoccupation à ce 8e Sommet des Amériques: le Venezuela, théâtre d'une violente crise politique, économique et sociale.

Le conclave régional a d'ailleurs déclaré le président Nicolas Maduro persona non grata.

Washington cherche à établir "des sanctions supplémentaires, davantage d'isolement et de pression diplomatique" contre Caracas, afin de faire "reconnaître que le Venezuela est une dictature", a déclaré M. Pence, qui a transmis le soutien de Donald Trump à un groupe d'opposants vénézuéliens à Lima.

M. Pence a annoncé une aide humanitaire supplémentaire américaine de 16 millions de dollars, destinée aux Vénézuéliens - plusieurs centaines de milliers - qui ont fui vers d'autres pays d'Amérique latine.

Faute de consensus sur une déclaration conjointe rejetant par avance les résultats de l'élection présidentielle anticipée du 20 mai, le groupe de Lima, alliance de 14 pays d'Amérique qui fait pression depuis des mois sur Caracas, devrait présenter un texte à part.

- Lutte contre la corruption -

De quoi faire oublier le thème officiel de ce Sommet: la corruption, qui vient justement de forcer le président péruvien Pedro Pablo Kuczynski à démissionner, remplacé par Martin Vizcarra.

"PPK" a été emporté par le scandale Odebrecht qui éclabousse plusieurs dirigeants de la région dont l'ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva et l'ancien vice-président équatorien Jorge Glas, tous deux derrière les barreaux.

Samedi, les dirigeants réunis à Lima ont adopté un "engagement sur la gouvernance démocratique face à la corruption".

La région a "la ferme volonté" d'agir contre ce fléau, a assuré le président Vizcarra, même si le texte de 57 points n'a pas de caractère contraignant.

Le texte prône "la prévention et le combat contre le versement de pots-de-vin aux fonctionnaires".

Il incite aussi à inclure "des clauses anticorruption dans tous les contrats de l'Etat" et appelle à plus de transparence dans les comptes des partis, "principalement lors des campagnes électorales".

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