Le Venezuela ne sera "jamais" exclu du Mercosur, assure Maduro

Publié le à Buenos Aires, 6 août 2017 (AFP)

Le président Nicolas Maduro a assuré samedi que le Venezuela ne serait "jamais" exclu du Mercosur, malgré la décision annoncée plus tôt par le marché commun sud-américain de le suspendre "pour rupture de l'ordre démocratique".

"Le Venezuela ne sera pas exclu du Mercosur. Jamais. Notre âme, notre coeur, notre vie sont Mercosur", a lancé le chef de l'Etat socialiste sur une radio argentine, assurant que les tentatives des gouvernements brésilien ("fomenteurs de coup d'Etat") ou argentin (des "misérables") étaient vouées à l'échec.

Nicolas Maduro a accusé son homologue argentin, Mauricio Macri, de vouloir imposer un blocus commercial et politique à son pays: "Macri est le porte-drapeau de ceux qui veulent un blocus économique, financier, commercial et politique comme celui imposé à Cuba dans les années 60", a-t-il dénoncé.

Il a également défendu l'Assemblée constituante vénézuélienne, considérée comme "illégitime" par l'opposition et dont l'élection dimanche a été entachée par des violences qui ont fait dix morts, suscitant un tollé international.

La Constituante, qu'il a qualifiée de "baume pour la vie sociale et politique du Venezuela", "a ouvert une nouvelle ère", a-t-il affirmé. L'une des premières décisions de l'Assemblée a été de limoger la procureure du Venezuela, chaviste historique mais opposante notoire du président.

Pour Nicolas Maduro, son pays subit "l'une des attaques les plus féroces que nous ayons connues en 18 années de révolution bolivarienne". "Nous allons reconquérir la paix, qui est la chose la plus précieuse dont nous devons prendre soin", a-t-il affirmé.

Les ministres des Affaires étrangères du Brésil, de l'Argentine, de l'Uruguay et du Paraguay ont décidé samedi de suspendre politiquement le Venezuela du Mercosur.

"La suspension a été appliquée en raison des actes du gouvernement de Nicolas Maduro, et constitue un appel à un début immédiat d'un processus de transition politique et de restauration de l'ordre démocratique", selon le communiqué envoyé par les pays fondateurs du Mercosur à l'issue d'une réunion à Sao Paulo, au Brésil.

Le Venezuela était déjà mis à l'écart du marché commun sud-américain depuis décembre, pour des raisons commerciales. Mais l'invocation de la clause démocratique vise à obtenir une plus grande répercussion politique.

Cette clause, intitulée "protocole d'Ushuaïa", n'avait été utilisée qu'une seule fois auparavant, en 2012 pour sanctionner le Paraguay après la destitution du président Fernando Lugo.

Dans la pratique, cette suspension n'implique pas une exclusion du Mercosur, mais son impact est largement supérieur aux autres sanctions prises auparavant.

Les pays fondateurs ont conditionné la levée de cette suspension à "la libération des prisonniers politiques, la restauration des compétences de pouvoir législatif, la reprise du calendrier électoral et l'annulation de l'Assemblée constituante".

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