Les acteurs du conflit syrien

Publié le à Beyrouth (AFP)

La guerre en Syrie a débuté en mars 2011 avec la répression de manifestations pro-démocratie mais s'est depuis complexifiée avec l'implication des jihadistes et de puissances régionales et internationales. Elle a fait plus de 320.000 morts.

Voici les principaux acteurs du conflit:

- Régime et alliés -

- L'armée, qui comptait 300.000 hommes dans ses unités combattantes en 2011, a vu ses effectifs baisser de moitié en raison des morts et des défections.

Elle est soutenue par environ 150.000 à 200.000 miliciens prorégime. Par ailleurs, 5.000 à 8.000 combattants du Hezbollah libanais se battent en Syrie, ainsi que des miliciens venus d'Iran, d'Irak ou d'Afghanistan.

- Alliée de poids de Damas, la Russie intervient depuis septembre 2015 en soutien au régime, qui était alors en mauvaise posture. Son aviation a permis aux troupes gouvernementales de reprendre plusieurs zones clés, comme la ville d'Alep.

- Principal allié régional du président Bachar al-Assad, l'Iran a envoyé des milliers de combattants en Syrie et fournit conseillers militaires et aide économique. Il a tiré des missiles depuis son territoire contre des positions jihadistes dans l'est du pays.

En mai, l'armée contrôlait environ 46% du territoire, notamment les principales villes --Damas, Homs, Hama (centre) et Alep (nord)--, où vivent 65,5% des quelque 16 millions d'habitants de la Syrie.

- Rebelles -

- Au début du conflit, les rebelles se sont regroupés sous la bannière de l'Armée syrienne libre (ALS), laissant progressivement place à une myriade de factions, allant des rebelles modérés aux groupes islamistes.

Les estimations du nombre total d'insurgés varient entre des dizaines de milliers à quelque 100.000.

- Ahrar al-Cham, d'inspiration salafiste, est l'un des groupes les plus puissants. Surtout présent dans la province d'Idleb, il a tenté en 2015 de se présenter comme modéré aux yeux des Occidentaux.

- Jaich al-Islam est le plus important groupe rebelle dans la région de Damas, notamment dans la Ghouta orientale.

En comptant aussi les zones dominées par le Front Fateh al-Cham (ex-branche syrienne d'Al-Qaïda), ces rebelles contrôlent 12% du territoire où vivent 12,5% de la population, selon le géographe français Fabrice Balanche.

- Jihadistes -

- Les deux principales forces jihadistes rivales sont le groupe Etat islamique (EI) et le Front Fateh al-Cham.

- L'EI a conquis de vastes pans du territoire syrien depuis son intervention en 2013 dans le conflit et proclamé en 2014 un "califat" sur les territoires conquis en Syrie et en Irak voisin.

Soumis à une campagne de frappes aériennes de la coalition internationale sous commandement américain et à des offensives sur plusieurs fronts --du régime et d'une alliance kurdo-arabe--, l'EI ne contrôle plus que 20% du territoire syrien.

- Le Front Fateh al-Cham, connu précédemment sous le nom de Front Al-Nosra a annoncé sa rupture avec Al-Qaïda en juillet 2016. Composé essentiellement de Syriens, il attire de nombreux rebelles avec ses moyens financiers et sa meilleure organisation.

Son alliance avec Ahrar al-Cham depuis 2015 a été mise à mal après des dissensions internes entre les deux factions.

- Kurdes -

Réprimés pendant des décennies, les Kurdes ont profité du retrait de l'armée syrienne de leurs régions pour y établir une administration locale dans le nord du pays. Les YPG (Unités de protection du peuple) sont leur principale milice armée.

Ils forment le noyau dur des Forces démocratiques syriennes (FDS) --composées également de combattants arabes-- soutenues par la coalition internationale conduite par les Etats-Unis.

Ils contrôlent 20% du territoire, où vivent 2 millions d'habitants (15% de la population), et les trois-quarts de la frontière syro-turque.

- Turquie, Arabie, Qatar -

Dès le début de la révolte contre Bachar al-Assad, issu de la minorité religieuse alaouite, la Turquie, l'Arabie saoudite et le Qatar ont soutenu la rébellion majoritairement sunnite.

Aujourd'hui, Ryad et Doha sont marginalisés et Ankara a noué une alliance inédite avec Moscou, avec qui elle organise les réunions d'Astana (Kazakhstan), processus parallèle à celui de l'ONU à Genève.

Sur le plan militaire, la Turquie a rejoint la coalition antijihadistes et déployé ses troupes dans le nord syrien.

- Coalition internationale -

Cette coalition dirigée par les Etats-Unis, qui comprend en théorie plus de 60 pays, mène des frappes contre l'EI en Syrie et en Irak depuis 2014.

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