Les Tchadiens en maîtres dans Gamboru dévastée par les combats

Publié le à Gamboru (Nigeria) (AFP)

Maisons détruites, boutiques éventrées, camions et motos calcinés, pneus brulés... la ville nigériane de Gamboru, reprise mardi par les troupes tchadiennes qui ont balayé les islamistes de Boko Haram, portait les marques de très violents combats.

A la tombée de la nuit, la ville, dont la population avoisinait jadis 85.000 personnes était déserte, abandonnée par ses habitants et les combattants islamistes.

Seuls, des soldats tchadiens poursuivant des opérations de ratissage pour s'assurer qu'il ne reste plus de tireurs embusqués dans la zone, étaient visibles dans la rue.

L'armée tchadienne a pilonné la localité pendant trois jours consécutifs avant de donner l'assaut mardi en fin de matinée après de nouveaux bombardements aériens et d'artillerie.

Les soldats tchadiens, guidés par des habitants ayant fui la ville et connaissant parfaitement le secteur, ont franchi à partir de Forokol - ville miroir côté camerounais - un pont de 500 mètres reliant les deux villes, jadis carrefour commercial par où transitaient camions et marchandises destinés au Tchad et au nord du Cameroun.

Appuyés par un hélicoptère survolant en permanence la ville, les soldats tchadiens ont fait face à des snipers cachés dans les maisons, selon une source militaire.

Les combats audibles depuis Fotokol ont été violents.

"Nous avons entendu des armes lourdes", raconte Idrissa Amadou, un habitant de Fotokol.

Aucun bilan n'était toutefois disponible dans l'immédiat mais les impacts sont visibles dans toute la ville. La rue principale de Gamboru est jonchée de décombres.

- "Les terroristes en déroute" -

L'armée tchadienne a installé son quartier général dans la localité où elle doit passer sa première nuit.

Elle a également déployé ses véhicules aux endroits stratégiques, vigilante face à la menace de potentiels engins explosifs artisanaux posés par les islamistes dans la région.

"Nous avons mis en déroute cette bande des terroristes", a affirmé à l'AFP le général Ahmat Dari qui commande le contingent tchadien.

"L'essentiel pour nous est de nettoyer cet axe. Ils (islamistes) sont éparpillés. Ils ne pourront plus se reconstituer et nous allons continuer à les traquer partout. Nous avons pour mission de combattre les islamistes qui essaiment dans la sous-région et nous allons jusqu?au bout de cette mission" a-t-il poursuivi.

A la télévision tchadienne, le général a ajouté: "On les a chassés (de Gamboru). Ils sont en débandade. Vous ne serez pas déçus" par l'action de l'armée tchadienne".

- "petits voyous" -

"La devise c'est +toujours en avant+", a-t-il annoncé, estimant: "Ca (les islamistes) c'est des petits bandits, des voyous (...) Rien de plus qu'une secte criminelle, pas une armée organisée!".

Le président tchadien Idriss Deby, estimant les "intérêts vitaux" de son pays menacé, avait annoncé sa volonté de reprendre Baga, ville nigériane située sur les rives sud du lac Tchad.

En plus des troupes dépêchées au Cameroun et qui ont pris Gamboru, le chef de l'Etat tchadien a également déployé des forces sur la frontière avec le Niger et le Nigeria à l'ouest de son pays.

La première bataille semble terminée mais la guerre contre Boko Haram devrait se poursuivre dans les prochains jours.

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