NDDL: affrontements sur la Zad en marge du rassemblement des opposants

Publié le à Notre-Dame-des-Landes (France) (AFP)

Des heurts ont de nouveau éclaté dimanche matin entre 300 manifestants et les forces de l'ordre sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes, peu avant un rassemblement pacifique de soutien aux occupants expulsés, mais un calme relatif est revenu en début d'après-midi.

La coordination des opposants avait donné rendez-vous à midi à l'ouest de la D81, qui traverse la Zad, le long du chemin de Suez.

Mais à 11H00, environ 300 personnes, armés notamment de pierres, de bouteilles en verre, de fusées et de cocktail Molotov, s'en sont pris aux forces de l'ordre présentes sur la D81, pour tenter de passer à l'est de la route, afin d'aller reconstruire les squats détruits depuis lundi. Les gendarmes ont répliqué avec des grenades lacrymogènes et de désencerclement, a constaté un journaliste de l'AFP. Deux personnes ont été interpellées, selon la gendarmerie.

Si la coordination des opposants appelait à un rassemblement pacifiste en soutien aux expulsés, des soutiens aux zadistes avaient, eux, lancé un appel à venir reconstruire les squats détruits.

Un calme relatif est revenu en début d'après-midi. Selon une estimation des gendarmes, environ 3.000 à 4.000 personnes étaient présentes dimanche sur l'ensemble de la zone, essentiellement à l'ouest de la D81 où se déroulait, dans la boue et la bonne humeur, le rassemblement, ont constaté les journalistes de l'AFP.

En raison d'importants barrages routiers de gendarmes sur les principales voies d'accès de la ZAD, où l'entrée n'était possible qu'après une fouille des sacs, les zadistes ont appelé dans un communiqué à se rassembler plus à l'ouest de la zone, à la ferme de Bellevue.

Là-bas les manifestants mangeaient dans une ambiance champêtre, dansant au son du biniou et de la guimbarde, pique-niquant sur de gros troncs de bois, avec des tracteurs "vigilants", soutiens au zadistes, installés autour de la ferme, a constaté l'AFP.

Côté "Wardine", près de la D81, des stands d'alimentation bordaient le chemin de Suez et certains se reposaient dans les pissenlits, tandis qu'un "camping" improvisé était installé avec plusieurs tentes.

- "On sera là demain" -

Un homme de 64 ans, un habitué de la Zad qui utilise le prénom générique "Camille" des opposants, a indiqué être venu pour "faire masse", "pour leur montrer qu'on est là et qu'on sera là demain". "Les flics ne vont pas rester six mois. Les cabanes, on va les reconstruire", a-t-il assuré.

Jean-Marc, 53 ans, arboriculteur à Saint-Brieuc, est venu en covoiturage avec un groupe d'amis. Il a "pris un bain de boue" en passant par les champs et a suivi l?hélicoptère de la gendarmerie jusqu'au chemin de Suez, pour venir dire : "Laissons les jeunes rêver".

Patrick, de Charente-Maritime, est arrivé avec sa femme. "Les gens qui sont là depuis 10 ans sur les terres, il faut leur donner une chance. Quand on commence à discuter, on va jusqu'au bout", a-t-il plaidé.

L'État a appelé les occupants de la Zad, expulsés ou non, à régulariser leur situation avant le 23 avril en déclarant leur nom, leur projet agricole et les parcelles concernées.

L'association historique ACIPA a estimé dimanche dans un communiqué que les personnes qui portent des projets, individuellement ou collectivement, "doivent pouvoir les faire accepter et s?inscrire dans un processus de régularisation a minima". Elle a toutefois jugé le délai proposé par le gouvernement "trop court, dans le climat actuel". Elle a aussi demandé à ce "qu?un dialogue entre la préfecture et la délégation intercomposantes s'instaure au plus vite pour que cesse la violence".

L'opération d'expulsion des occupants illégaux de la Zad a commencé lundi, avec 2.500 gendarmes et de nombreux engins de chantier. En trois jours, 29 squats ont été détruits.

Depuis jeudi, les opérations de déblaiement et de maintien de l'ordre se poursuivent, mais sont mises à mal par la présence d'environ 700 opposants sur le site, dont des "gens extrêmement violents, de l'ultragauche" et des "black blocs", selon le général Richard Lizurey, directeur général de la gendarmerie.

Les gendarmes devraient rester trois semaines à un mois sur place pour déblayer les parcelles, garantir la libre circulation sur la D281 (l'ex-"route des chicanes") et la D81 et prévenir toute réoccupation illégale.

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