Pologne: Bronislaw Komorowski, héraut de l'entente et de la sécurité nationale

Publié le à VARSOVIE (AFP)

Le président Bronislaw Komorowski, 62 ans, qui brigue dimanche son deuxième mandat à la tête de l'Etat polonais, est un homme de compromis, promoteur de l'entente et de la sécurité nationale face à la politique jugée agressive de la Russie voisine.

"Nous voulons la paix, mais nous savons que rien n?encourage davantage un agresseur potentiel que la faiblesse de son voisin, et rien ne le décourage autant que la force et la détermination à se défendre", déclarait-il à quelques jours du 70e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale.

Ancien ministre de la Défense, protagoniste de la participation limitée des forces polonaises à des missions internationales au bénéfice du renforcement des capacités internes de la défense, M. Komorowski soutient fermement un programme onéreux de modernisation de l'armée polonaise et a fait de la sécurité un des principaux thèmes de sa campagne électorale.

Catholique déclaré, il s'est pourtant distingué lors de la campagne par ses décisions de soutenir un projet de loi en faveur de la fécondation in vitro (FIV) et de ratifier la Convention sur la lutte contre la violence domestique, en dépit de l'opposition farouche de la droite conservatrice et de la puissante Eglise catholique.

"Je ne suis pas le président des consciences des Polonais", déclare-t-il.

Bronislaw Komorowski est né le 4 juin 1952 à Oborniki Slaskie (sud), après que sa famille, originaire de l'actuelle Lituanie, fut expulsée de ses terres par les Soviétiques à l'issue de la Seconde guerre mondiale.

Il s'installe ensuite avec ses parents dans une banlieue ouvrière de Varsovie, où la famille vit dans la pauvreté.

- Ancien anticommuniste radical -

Il fait ses études dans la capitale et prend part à la révolte estudiantine de mars 1968, réprimée par le régime communiste, avant de rejoindre l'opposition démocratique. Et il n'a pas toujours été un homme modéré.

"J'étais un radical, rappelait-il, je contestais la Table ronde" entre le mouvement pro-démocratique Solidarité et le pouvoir communiste, négociations qui ont ouvert la voie en 1989 à la décomposition de l'ancien régime en Pologne.

"J'estimais que la Table ronde était une trahison et que les communistes allaient nous avoir", confiait-il.

Contrairement à des millions de Polonais, il a même boycotté les premières élections partiellement démocratiques en Pologne, le 4 juin 1989.

Il change d'optique quand Tadeusz Mazowiecki, premier chef d'un gouvernement non-communiste du bloc soviétique, lui confie un poste dans son administration.

C'est avec Mazowiecki et d'autres opposants tels que Bronislaw Geremek et Wladyslaw Bartoszewski, futurs chefs de la diplomatie polonaise, qu'il fut interné après l'instauration de la loi martiale par le général Wojciech Jaruzelski, le 13 décembre 1981.

En 2001, Bronislaw Komorowski rejoint la Plateforme civique (PO, au pouvoir) fondée par Donald Tusk, l'ex-chef du gouvernement polonais et actuel président du Conseil européen.

- Vieille noblesse polonaise -

Historien de formation, très attaché aux traditions du pays, il est six fois élu député, devenant en 2007 le président de la Diète (chambre basse).

L'accident d'avion dans lequel périt le président Lech Kaczynski le 10 avril 2010 à Smolensk, en Russie, fait subitement de lui le premier personnage de l'Etat, une position confirmée par l'élection à la présidence en juin 2010.

Il rase sa moustache et soigne son image de bon père de famille, accumulant un taux de confiance élevé auprès des Polonais. Mais ses opposants et des médias lui reprochent un manque de charisme et d'entrain, le peu d'initiative politique et une distance par rapport aux problèmes des gens ordinaires.

Non sans raison: Bronislaw Komorowski est issu d'une vieille famille de la noblesse polonaise qui a écrit des pages glorieuses de l'histoire mouvementée du pays et qui est apparentée à la maison royale de Belgique : la belle-mère du roi des Belges Philippe portait le nom de jeune fille Komorowska.

Marié à Anna, il est père de cinq enfants et grand-père.

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