Présidentielle au Monténégro : Djukanovic en quête de retour

Publié le à Podgorica (Monténégro) (AFP)

Le dirigeant historique du Monténégro, Milo Djukanovic, espère retrouver dès le premier tour de la présidentielle dimanche la direction de ce petit pays des Balkans candidat à l'Union européenne, moins de deux ans après son retrait du pouvoir.

Près de 533.000 Monténégrins étaient appelés aux urnes jusqu'à 20H00 (18H00 GMT) pour un vote. Les premiers résultats sont attendus dans la soirée.

Alors que les législatives de 2016 avaient été marquées par l'arrestation d'une vingtaine de militants anti-Otan, accusés d'avoir voulu fomenter un coup d'Etat, le scrutin s'est cette fois déroulé dans le calme.

Biljana Popovic, du Centre pour la transition démocratique, une des ONG chargées de surveiller le vote, a fait état de "quelques irrégularités qui, jusqu'à présent, ne sont pas de nature à influer sur l'élection".

Depuis 1991, Milo Djukanovic, un allié de l'Occident, a été six fois Premier ministre et déjà une fois président (1998-2003).

- Djukanovic veut gagner au premier tour -

Il apparaît comme étant le favori de ce scrutin qu'il peut même emporter sans attendre le second tour du 29 avril, selon les sondages. "Je vais gagner aujourd'hui", a dit, après avoir voté, l'intéressé.

Il a conduit le Monténégro à l'indépendance de la Serbie en 2006 puis à l'adhésion à l'Otan, effective depuis l'an passé au grand dam de Moscou mais aussi d'une partie des Monténégrins, en majorité slaves et orthodoxes.

Aujourd'hui âgé de 56 ans, Milo Djukanovic entend désormais amener son pays à l'adhésion à l'Union européenne.

Si cet économiste qui mesure près de deux mètres l'emporte, le poste aujourd'hui honorifique de président redeviendra le siège réel du pouvoir.

Son titulaire actuel, Filip Vujanovic, est un de ses proches, membre de son parti des démocrates socialistes (DPS).

A Podgorica, où vit plus du tiers de la population, les affiches de Djukanovic, "leader, homme d'Etat, président de tous les citoyens", se sont taillé la part du lion des panneaux publicitaires, laissant la portion congrue à ses six adversaires.

Crédité d'un tiers des suffrages par les sondages et soutenu par les principaux partis d'opposition, prorusses ou non, son adversaire le plus dangereux est un homme d'affaires de 56 ans, Mladen Bojanic.

Dimanche, il a appelé à "mettre un terme au règne d'un autocrate qui veut transformer le Monténégro en dictature".

Sasa Jankovic, un ingénieur de 55 ans, aimerait "voir quelqu'un d'autre dans le siège présidentiel". Mais il ne se fait guère d'illusion: "C'est un peu triste: je n'ai vu la domination que d'un homme. Et c'est encore plus triste qu'il n'y ait actuellement pas d'alternative".

Quant au seul candidat ouvertement prorusse, Marko Milacic, un journaliste de 32 ans, il ne recueillerait qu'environ 3% des suffrages.

"Il y a le sentiment que la Russie comprend les limites de son influence sans renoncer à long terme", estime l'analyste Zlatko Vujovic, directeur du centre pour le suivi du scrutin (CEMI).

- Difficultés économiques -

Milo Djukanovic a d'ailleurs modéré sa rhétorique hostile au Kremlin, prêt à "mettre en place des relations normales avec la Russie, si celle-ci est aussi prête à le faire".

Les autorités judiciaires monténégrines ont accusé des institutions russes d'être derrière la tentative de coup d'Etat d'octobre 2016, ce que Moscou réfute.

De son côté, l'opposition a attaqué Milo Djukanovic sur le poids de la criminalité organisée, sur fond de règlements de comptes entre trafiquants. Elle l'accuse de longue date d'entretenir des liens avec les milieux criminels.

Dans un pays où le chômage dépasse 20%, Milo Djukanovic s'est engagé à multiplier par deux en quelques années le salaire moyen, actuellement de 500 euros. Cet engagement, a-t-il plaidé, ne sera tenu que si le Monténégro ne dévie pas de son chemin vers l'UE.

"La situation économique est très mauvaise et sans une amélioration il n'y aura pas de progrès", prévient devant son bureau de vote Lidija Milic, une traductrice de 51 ans.

Le taux de participation une heure avant la fermeture des bureaux de vote était de 58,5%, moins important qu'aux législatives de 2016.

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