Tal Afar, enclave stratégique à mi-chemin entre Mossoul et la Syrie

Publié le à Bagdad (AFP)

En annonçant jeudi la reprise de leur bastion de Tal Afar à mi-chemin entre Mossoul et la Syrie, les forces irakiennes ont privé les jihadistes d'une ville d'une grande importance stratégique pour le "califat" autoproclamé par le groupe Etat islamique (EI) à cheval entre l'Irak et la Syrie.

- Géographie et histoire -

La ville est située à environ 450 km au nord-ouest de Bagdad, et à 70 km à l'ouest de la deuxième ville d'Irak, Mossoul, ancien plus important bastion de l'EI en Irak mais récemment repris par les forces irakiennes.

L'histoire de Tal Afar remonte à plusieurs milliers d'années et la ville a fait partie un temps de l'empire assyrien. Elle est dominée par une citadelle de l'ère ottomane, qui a été endommagée en 2014 avec l'entrée des jihadistes.

- Population -

Avant que le groupe jihadiste sunnite ne s'en empare à l'été 2014, Tal Afar comptait 200.000 habitants, en majorité issus de la minorité turkmène.

La ville était une enclave principalement chiite dans la province majoritairement sunnite de Ninive.

L'occupation jihadiste a aggravé les divisions confessionnelles entre chiites et sunnites parmi les Turkmènes d'Irak.

Les chiites de Tal Afar ont été directement pris pour cible par l'EI tandis que des membres de la minorité sunnite de la ville ont rejoint les rangs jihadistes formant un contingent à la réputation particulièrement violente au sein de l'organisation.

- Stratégique -

Tal Afar est située à mi-chemin entre Mossoul et la frontière syrienne, sur le territoire du "califat" autoproclamé à l'été 2014 par l'EI à cheval entre l'Irak et la Syrie.

Les forces gouvernementales ont chassé les jihadistes début juillet de Mossoul après une offensive de neuf mois. Comme Mossoul, Tal Afar avait été prise par l'EI en juin 2014 lors de sa progression fulgurante qui lui avait permis de conquérir jusqu'à près d'un tiers du territoire irakien.

Tal Afar n'est ni aussi grande ni aussi symbolique que Mossoul, mais sa reprise est une étape majeure dans l'offensive antijihadistes, tant en Irak qu'en Syrie voisine.

La reconquête de la ville, assurent autorités irakiennes et coalition internationale, rend encore plus difficile tout passage d'armes et de jihadistes entre l'Irak et la Syrie, où l'EI est également la cible de multiples assauts.

La situation à Tal Afar intéresse également la Turquie, en raison de la présence de Turkmènes, pour beaucoup turcophones, et de la proximité de Tal Afar de son territoire (à une centaine de kilomètres).

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