USA: le parti républicain de Trump en chute dans une élection partielle très serrée

Publié le à Washington (AFP)

Le parti républicain du président américain Donald Trump a vu sa base électorale fondre mardi lors d'une élection législative partielle en Pennsylvanie, un succès en soi pour les démocrates, bien que les résultats soient encore trop serrés pour déterminer le vainqueur.

Le républicain Rick Saccone et le démocrate Conor Lamb étaient au coude-à-coude après le dépouillement des voix de 99% des bureaux de vote.

Sur plus de 224.000 voix, le démocrate enregistrait une avance de 847 voix mardi soir. Mais plus de 3.000 voix par correspondance devaient encore être comptées dans deux comtés, ce qui devrait prendre "plusieurs heures", selon l'un des responsables électoraux interrogés sur CNN.

"Nous n'abandonnons pas", a dit Rick Saccone à ses supporteurs, en les appelant à rentrer chez eux sans attendre les résultats.

Quoi qu'il arrive, ce résultat marque une progression exceptionnelle du parti démocrate, dans une circonscription remportée par Donald Trump avec près de 20 points d'avance contre Hillary Clinton en novembre 2016, et où le parti avait renoncé à présenter des candidats aux deux dernières élections.

"C'est une victoire pour les démocrates, même s'ils ne gagnent pas", dit à l'AFP Kevan Yenerall, professeur de science politique à l'Université Clarion, en Pennsylvanie.

"L'avance de Trump de 20% en 2016 a fondu à... oh, 0%. Pour l'instant, c'est ça qui compte", a résumé le politologue Larry Sabato.

Les démocrates, même s'ils échouent à conquérir la 18e circonscription de Pennsylvanie, ancienne région industrielle et bastion ouvrier, espèrent que leur haut score dopera l'enthousiasme de leurs sympathisants à huit mois des élections législatives de mi-mandat, lorsque la totalité de la Chambre des représentants et le tiers du Sénat seront renouvelés.

Les instances nationales du parti démocrate avaient cherché à faire de ce scrutin un référendum sur Donald Trump, persuadées que l'occupant de la Maison Blanche a perdu de sa superbe dans les régions économiquement sinistrées qui l'ont plébiscité en novembre 2016.

Mais le candidat démocrate lui-même s'en était bien gardé, conscient que pour l'emporter, il devrait convaincre des électeurs de la classe ouvrière qui restent fidèles au président et à ses idées. Ce qui complique la stratégie politique des démocrates, qui cherchent à équilibrer leur message entre une dénonciation virulente des politiques de Donald Trump et une main tendue à ses électeurs.

Les habitants "sont très nombreux à vouloir que je travaille avec le président", avait dit Conor Lamb, dans cette circonscription au sud de Pittsburgh, ex-capitale de l'acier.

En campagne, cet ancien procureur et avocat militaire avait d'ailleurs pris soin de ne pas railler ou critiquer le président républicain. Sur le fond, il est opposé à un resserrement des lois sur les armes et il soutient les tarifs douaniers imposés récemment par le chef de l'Etat sur l'acier et l'aluminium étrangers.

- Trump impliqué -

L'élection de mardi, à elle seule, ne modifiera pas l'équilibre de la Chambre des représentants où la majorité républicaine est large, avec 238 sièges sur 435.

L'enjeu était symbolique. Les démocrates tentent depuis l'accession au pouvoir de Donald Trump de prouver qu'ils sont capables de se réorganiser, et de convertir une partie de l'électorat du président, qui serait déçue du début de mandat.

Le parti démocrate croit que la Chambre, au moins, est à portée de main en novembre, et peut-être le Sénat. Il ciblera en priorité les dizaines de circonscriptions actuellement aux mains des républicains mais où Donald Trump a fait des scores inférieurs à celle de mardi.

"Si vous êtes un républicain dans une circonscription plus concurrentielle et ressemblant démographiquement et économiquement à cette circonscription, vous êtes forcément inquiet", dit le politologue Kevan Yenerall.

Jusqu'à présent, ils ont échoué à ravir des sièges républicains lors d'élections partielles. Leurs succès électoraux sont venus lors de scrutins plus locaux, ou pour des postes de gouverneurs et lors de la sénatoriale de l'Alabama (sud-ouest), quand ce sont les populations entières des Etats qui étaient appelées aux urnes.

Preuve que M. Trump n'est pas le repoussoir dont le parti démocrate fait le portrait, le républicain Rick Saccone en avait fait le moteur de sa campagne.

Il a volontiers reçu son soutien en personne lors d'un meeting sur place il y a quelques jours.

"L'économie est au plus haut et va continuer de monter. Emplois et salaires en hausse. Votez Rick Saccone pour que ça continue !" a tweeté Donald Trump, qui en appelait à la loyauté de ses troupes.

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