Le travail d'équipe a rendu l'être humain plus intelligent

Publié le à PARIS 11/04 (BELGA/AG)

Si l'être humain a développé un cerveau aussi gros au fil du temps, c'est peut-être bien parce qu'il a été contraint de coopérer avec ses semblables et a donc appris à travailler en équipe, selon une étude publiée mercredi. Comparé à celui de ses prédécesseurs hominidés, le cerveau de l'Homo sapiens a des allures de géant. Et malgré leurs méninges surdéveloppées, les scientifiques n'ont jamais vraiment réussi à expliquer pourquoi il avait évolué de la sorte. Selon des chercheurs irlandais et écossais, la réponse pourrait être assez simple: pour survivre, l'être humain a eu besoin de coopérer et il a donc dû se doter d'un cerveau suffisamment grand pour s'y retrouver dans la complexité de ces relations sociales. Pour les besoins de leur étude, publiée par la revue britannique Proceedings of the Royal Society B, ils ont réalisé un modèle informatique reproduisant le cerveau humain, au sein duquel le réseau de neurones était capable d'évoluer pour réagir à une série de défis sociaux. Ils ont ensuite soumis ce cerveau virtuel à deux scénarios. Dans le premier, deux criminels sont arrêtés par la police et chacun peut décider ou non de dénoncer son complice. Dans le second, les deux individus sont prisonniers dans leur voiture ensevelie par la neige et ils doivent évaluer la situation pour déterminer s'ils unissent leurs efforts pour s'en extraire ou s'ils se contentent de laisser l'autre agir. Dans les deux cas, un individu donné est censé obtenir davantage de bénéfices en se montrant égoïste. Et pourtant, plus son "cerveau" évoluait, plus l'individu était enclin à coopérer, ont découvert les chercheurs. "Nous coopérons fréquemment au sein de grands groupes d'individus qui ne se connaissent pas, et cela nécessite des capacités cognitives pour déterminer qui est en train de faire quoi, et ajuster son comportement en conséquence", explique à l'AFP l'un des auteurs de l'étude, Luke McNally, du Trinity College de Dublin. La coopération n'est pas tout à fait désintéressée. Elle est souvent le fruit d'un calcul destiné à en évaluer les retombées positives, en particulier l'espoir d'un retour d'ascenseur, souligne M. McNally,

(JAV)

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