Accord des secteurs autour du 6e pôle

Philippe Lawson Publié le - Mis à jour le

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La voie semble dégagée pour la mise en place du 6e pôle de compétitivité décidé par le Plan Marshall 2.vert et dédié aux technologies environnementales. Un consensus est dégagé entre différents secteurs qui, jusqu’il y a peu, jouaient des coudes pour piloter le futur espace de collaboration entre divers acteurs (universités, entreprises, centres de recherche et de formation, etc.) "C’est vrai qu’il y avait plusieurs secteurs qui étaient demandeurs pour jouer un rôle de premier plan et qui ont des technologies environnementales à offrir. Mais, aujourd’hui, les secteurs de la chimie verte, de la construction, de l’industrie verrière et la sidérurgie se sont mis d’accord pour élaborer un projet commun dans le cadre du 6e pôle de compétitivité", nous a confié Bernard Broze, administrateur délégué d’essenscia Wallonie, la branche régionale de l’organisation multisectorielle rassemblant l’industrie chimique et des sciences de la vie. A priori, le projet commun des coalisés devrait être le seul à répondre à l’appel à candidatures de la Région wallonne pour la constitution du nouveau pôle. Et même si, d’aventure, d’autres initiatives venaient à émerger d’autres secteurs, celui des quatre secteurs risque d’être le plus abouti et le plus documenté.

Car le secteur de la chimie verte avait pris une avance dans la démarche. "Il y a environ un an et demi, nous étions partis sur l’idée d’un cluster. Cette idée ne nous satisfaisait pas entièrement, car dans les clusters, les activités de recherche ne sont pas prévues. Or nous voulions que des projets de recherche puissent être initiés par cet organe d’animation économique. Mais le cluster était la seule option que nous avions à notre disposition. Le 6e pôle décidé par le gouvernement wallon est arrivé au bon moment. Avec les secteurs partenaires, nous sommes prêts à discuter avec les consultants pour constituer notre dossier, il comportera notamment une étude économique démontrant le potentiel du pôle", dit-il.

Par ailleurs, depuis le mois d’octobre dernier, un groupe de travail planche sur une "petite dizaine de projets concrets de recherche et développement (R&D) et de formation" qui donneront de la consistance au dossier du nouveau pôle. Une trentaine d’entreprises y sont impliquées, dont autant de PME (les huileries Vandeputte, Carmeuse, Nanocyl, AGC Glass, etc.) que de grandes entreprises. La Confédération (de la) construction wallonne (CCW) confirme le projet commun et précise qu’il est le résultat d’un constat. "Un groupe de pilotage commun, mis sur pied sous l’égide de l’Union wallonne des entreprises (UWE), peaufine le projet de pôle et les universités travaillent sur les projets d’innovation concrète", nous a indiqué Francis Carnoy, directeur général de la CCW. Quatre axes provisoires ont été arrêtés et présentés au professeur Henri Capron, l’expert de la Région wallonne en matière des pôles de compétitivité. Il y a notamment une branche matériaux innovants et celles des systèmes constructifs, de l’énergie (efficacité énergétique, énergies renouvelables) et de l’assainissement. Le projet des coalisés se veut transversal car les développements attendus profiteront aussi aux autres pôles (Mecatech/mécanique, Biowin/sciences du vivant, Skywin/aérospatial, etc.). Il intègre également des collaborations avec des pôles européens (France, Pays-Bas, Flandre, etc.)

Le Pr Capron aurait déjà dû confronter les pistes des coalisés avec sa grille de lecture puisqu’un premier rapport de synthèse était attendu pour le 31 mars. Et dans cet agenda préétabli, le gouvernement wallon devrait officialiser le périmètre du nouveau pôle de compétitivité le 30 avril. Le ministre wallon de l’Economie, Jean-Claude Marcourt (PS), avait annoncé la mise en place du 6e pôle de compétitivité "pour la deuxième partie du premier trimestre 2010" ! L’agenda accuse donc un retard de plusieurs semaines et les secteurs attendent l’appel à projets du gouvernement wallon.

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