ArcelorMittal : le fédéral se saisit du dossier

Ph. Law. Publié le - Mis à jour le

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Selon nos infos obtenues à bonnes sources, le gouvernement fédéral (en affaires courantes) devrait examiner ce vendredi l'appel à l'aide de la Région wallonne pour faire face à l'exigence d'ArcelorMittal d'obtenir les quotas de CO2. Le point a été mis à l'ordre du jour par la vice-Première ministre Laurette Onkelinx (PS).

La Wallonie demande au fédéral de l'exonérer de l'effort supplémentaire de réduction de son enveloppe de CO2 de 7,5 pc imposé par l'Europe.

Un autre point concernant les quotas est à l'ordre du jour. Il est initié par le ministre fédéral de l'Environnement Bruno Tobback (SP.A). Il concerne les dates butoir de manifestations d'intérêts et de dépôt de projets susceptibles d'être financés par le fédéral via des projets à l'étranger. Il se fait qu'à la clôture des soumissions au 21 novembre, les projets rentrés permettaient d'obtenir des quotas pour une moyenne de 14 millions d'euros. Or, le fédéral avait dégagé une enveloppe de 22 millions pour s'offrir des droits d'émissions équivalents à 12,3 millions de tonnes de CO2. Par conséquent, le ministre Tobback souhaite reporter la date butoir de manifestation des intérêts au 27 février 2008 et celle de rentrée des projets concrets au 10 septembre 2008.

Pour rappel, ArcelorMittal a besoin d'environ 13 millions de tonnes de CO2 (environ 260 millions d'euros) sur la période 2008-2012 pour faire fonctionner ses deux hauts-fourneaux (HF) à Liège. Le PDG Lakshmi Mittal a menacé de ne plus rallumer le HF6 s'il n'obtenait pas les quotas promis par la Région wallonne. Sans solution, c'est toute la phase à chaud de Liège qui est, de nouveau, condamnée.

L'Europe a déjà indiqué aux Wallons qu'elle n'entend pas leur accorder des quotas en plus. La députée européenne Véronique De Keyser (PS) a rencontré le commissaire Dimas (Environnement) jeudi. Ce dernier a rappelé la position de la Commission et suggéré, "sans trop insister, une solidarité Flandre-Wallonie", d'après Mme De Keyser.

Soulignons encore que le ministre-Président wallon, Rudy Demotte (PS), a fait comprendre que "dans une économie de marché", ce n'était "pas aux autorités publiques à financer une société privée" comme ArcelorMittal. "Toute la solution n'est pas dans le financement de quotas par la Région wallonne", a-t-il ajouté.

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